Le Trochiscanthe nodiflore [TN] n°467 (2015-18)

mardi 5 mai 2015

"Lettre hebdomadaire" du site "Rencontres Sauvages"
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Johann Kuhnau - Magnificat

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Travaux (II) de printemps
à Courvières :

Ouverture de deux fenêtres sur le côté Ouest (donnant sur la route de Salins) :

Elles amènent de la lumière (et de la chaleur !) dans la grange...

Vue sur le côté Est : j'avais ouvert deux autres fenêtres
en refaisant le bardage (au mois de septembre 2014).





Couple de
Sittelle torchepot

Parade, accouplement, toilette,
chant et aménagement du futur nid...

La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs)
dimanche 12 et samedi 18 avril 2015


Devant l'entrée du nid :
un individu apporte des matériaux...
La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs)
 
dimanche 12 avril 2015

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Sur une branche

Sortie du nid

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Offrande I
(une chenille !)
La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs)
 
dimanche 12 avril 2015

Appel

Parade

Accouplement I
La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs)
 
dimanche 12 avril 2015

Accouplement II

Toilette


Etirement de l'aile droite

Etirement de l'aile gauche

Offrande II


Travail

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Offrande III

Etirement
La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs)
dimanche 12 avril 2015

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Chant
La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs)
 samedi 18 avril 2015

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Offrande IV
(une araignée !)

Dans le vent !
La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs)
 samedi 18 avril 2015

De dos

Portrait

Chant II

Toilette

La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs)
 samedi 18 avril 2015

<Toutes les images sont recadrées :
afin de respecter la tranquilité des deux oiseaux>


Pour voir les chapitres précédents,
sur le thème du Frêne (et des Sittelles !)
cliquez sur les images ci-dessous
(ou sur chaque [numéro])

[numéro 271] :

Couple de Sittelle torchepot - La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs)

Texte : Eloge de la différence - Albert Jacquard

Musique : WA Mozart - La Flute Enchantée

Mardi 14
juin 2011

[numéro 318] :

Couple de Sittelle torchepot (La Rivière-Drugeon, Haut-Doubs)

Texte : Je finirai à terre - Laurent Gaudé

Musique : Oratorio de l'Ascension (BWV 11) - JS Bach

Mardi 22
mai 2012
[numéro 367]
(2013 - 18)

Couple de Sittelle torchepot - La Rivière-Drugeon, Haut-Doubs

Texte : Contes et légendes de l'Arbre - Louis ESPINASSOUS

Musique : Arbol de la vida - Lila Downs

mardi 7
mai 2013
[numéro 370]
(2013 - 21)

Mésanges - Haut-Doubs

Texte : Le livre de Kells

Musique : O Virdissima Virga - Hildegarde Von Bissen

mardi 28
mai 2013
[numéro 374]
(2013 - 25)

Hirondelle, Sittelle, Grive et Pinson... - La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs)

Texte : Le Hobbit - JRR Tolkien

Musique : La Passion selon Saint Matthieu - JS Bach

mardi 2
juillet 2013
[numéro 411]
(2014 - 12)


Dans le frêne (batailles pour trouver un nid...)
La Rivière-Drugeon,
Haut-Doubs

Texte : Les chemins qui montent - Mouloud Feraoun

Musique : Ode à Sainte Cécile - Henry Purcell

mardi 1er avril 2014
[numéro 418]
(2014 - 19)

Mésanges -
avril, mai 2014 - Haut-Doubs

Texte : Concert baroque - Alejo Carpentier

Musique : Symphonies concertantes K 364 - WA Mozart

mardi 20
mai 2014
[numéro 420]
(2014 - 21)

Dans un Frêne... -
avril, mai 2014 - La Rivière-Drugeon, Haut-Doubs

Texte : Le baron perché - Italo Calvino

Musique : I Wish you were here - Pink Floyd (David Gilmour)

mardi 3
juin 2014



Petit texte :

"La figure de l'Amodieur (ou Amodiataire)

La figure de l'Amodieur a beaucoup changé. Jusqu'au milieu du siècle, c'était fréquemment un vacher qui ne possédait aucune terre et souvent même aucun bétail, du moins pas au début de sa carrière ; il amodiait* un alpage où il montait avec du bétail de location. En outre, il engageait du personnel qui exploitait l'alpage sous ses ordres. L'estivage des vaches était une pratique répandue et nécessaire. Grâce à lui, les paysans de plaine pouvaient entretenir plus de bêtes que ne l'auraient permis des réserves de fourrage utilisées toute l'année. De plus le départ des bestiaux les déchargeait pour les durs travaux de l'été. Et puis de nombreux fruitiers – c'est ainsi qu'on appelait jadis les « amodieurs » - y trouvaient leur matérielle.

En février, l'« amodieur » faisait la tournée des villages voisins, à la recherche de bêtes à louer : « On allait par-ci, par-là pour voir s'il y avait des vaches à louer. Ça se pratiquait ainsi. » A la longue on finissait par se constituer tout un cercle de connaissances qui vous confiaient chaque année leurs bêtes – deux par-ci, trois par-là. Le soir on faisait le compte. La réception était toujours bonne, paraît-il. On vous invitait à boire un verre, à croquer un bout de saucisse, histoire de causer un peu, d'échanger nouvelles et expériences. C'est ainsi que les fruitiers rassemblaient leur cheptel, souvent considérable (jusqu'à 200 têtes). J'ai connu un ancien « amodieur » qui montait avec 70 vaches dont pas une n'était à lui.

L'indemnité que le paysan recevait pour ses bêtes était fonction de leur capacité laitière. Une fois par mois, « au jour de la pesée », on pesait le lait de chaque vache, matin et soir. Il arrivait que les paysans montent contrôler. Lorsqu'ils étaient plusieurs du même village à avoir confié leurs bêtes à l'« amodieur », ils s'organisaient et assistaient à la traite à tour de rôle. Mais le plus souvent on avait confiance ; d'ailleurs le propriétaire connaissait assez bien la capacité de ses laitières. On notait le résultat et à l'automne on calculait la moyenne pour les quatre mois d'estivage. En 1919, on donnait environ 200 francs pour une bonne laitière ; en 1910, pas même 100 francs. Au cours de la saison la production laitière diminue, d'une part parce que l'herbe devient plus maigre et d'autre part parce que le lait des bêtes portantes tarit peu à peu.

Les rentes se payaient en novembre, décembre, ou même seulement en février. Comme l'« amodieur » devait attendre d'être réglé par le marchand de fromage, les paysans n'avaient qu'à patienter.

Durant l'hiver, la plupart des fruitiers s'adonnaient à l'oisiveté : « On ne faisait rien. On vivait de ce qu'on avait gagné l'été. Que voulez-vous, on n'avait pas d'emploi. » Les possibilités de travail et de gain étaient très limitées en hiver.

A l'estivage correspondait l'hivernage. Certains amodiataires possédaient eux-mêmes un troupeau respectable. S'il ne voulaient pas vendre leurs bêtes en automne, ils les plaçaient en hivernage chez des paysans de plaine. « ça se payait pas. On donnait les bêtes. » Car certaines rapportaient et d'autres pas. Ainsi les vaches qui vêlent au courant de l'automne donnent beaucoup de lait ; par contre celles qui ont mis bas au printemps voient leur lait tarir durant l'hiver. Au bout du compte, « ça se partageait plus ou moins ». Avec une bonne laitière, souvent on donnait encore une jeune bête ; en revanche les veaux nés pendant l'hivernage appartenaient au paysan. Les preneurs n'avaient en général que peu ou pas de bétail à eux. C'étaient de petits paysans qui, l'été, se constituaient encore une réserve de foin. « Souvent les gens qui prenaient des vaches en hivernage, c'étaient des gens qui n'avaient pas moyen d'avoir du bétail. Ça leur faisait quand même un peu d'engrais s'ils voulaient ouvrir (labourer) un peu de terrain. Ils avaient donc la « graisse ». Deux, ou trois fois par hiver, le propriétaire venait voir ses bêtes. Le paysan lui rendait ses visites et donnait des nouvelles : « Il venait dire, ça va comme ci, ça va comme ça. »

Les grands-pères de mes plus vieux témoins pratiquaient encore un autre système. Ils confiaient tout ou partie de leur troupeau à un domestique et l'envoyaient séjourner à tour de rôle dans différentes étables du Plateau. « Ils partaient avec 15, 20 vaches dans certains villages manger une tèche (meule de foin). Ils revenaient quand c'était le moment de monter. »

De nos jours on ne rencontre plus cette figure du vacher pétri de traditions. L'estivage des laitières a considérablement reculé et lorsqu'il subsiste, c'est sous une autre forme, l'« amodieur » désirant compléter son propre troupeau. Il est difficile d'obtenir de bonnes vaches. Les paysans préfèrent les garder en plaine. On les comprend : l'argent du lait leur assure des liquidités indispensables. Ou alors, comme me l'a expliqué un « amodieur », on donne « les moins bonnes, c'est humain ». Cette évolution avait déjà atteint un stade avancé après la première guerre mondiale. Mais le facteur déterminant fut la mutation de l'agriculture après 1945. En outre – et c'est là une conséquence du morcélement des pâturages et du démembrement des anciennes exploitations à plusieurs niveaux – les troupeaux d'alpage ont rétréci. Et puis, il faut bien le dire, peu d'alpages acceptent encore des laitières, d'abord parce que le personnel manque, ensuite parce que de nombreux bergers ne veulent plus traire. Cependant on assiste parfois à des fluctuations surprenantes qui favorisent un retour à l'ancienne situation. En 1970 par exemple, les paysans qui prenaient des vaches en estivage se sont vu offrir plus de bêtes que nécessaire. Le long hiver avait épuisé les réserves de foin en plaine et nombre de paysans désiraient donner des vaches pour engranger le plus de foin en prévision de l'hiver suivant. Alors que les années précédentes, pour assurer une charge convenable, certains « amodieurs » avaient dû acheter des vaches spécialement pour l'estivage.

Mais il existe une forme d'estivage, que l'on ne connaissait guère jadis, si ce n'est comme apparition marginale. Nous pensons à l'estivage du jeune bétail, en constant progrès ; il se pratique aujourd'hui sur la plupart des alpages jurassiens et l'avenir semble lui appartenir. A la différence de l'ancien système, le propriétaire du bétail paie l'« amodieur », il lui verse une pension pour les bêtes estivées – entre 150 et 250 francs par génisse et par saison, selon la qualité du pâturage. Lorsque la bête ne séjourne qu'une partie de l'été en altitude, on perçoit une taxe journalière de 2 à 3 francs. Ici réapparait le type du « vacher-amodieur » ; sans posséder des bestiaux en propre, il loue un alpage qu'il monte avec des bêtes d'autrui ; mais il reçoit maintenant une indemnité pour le jeune bétail confié à ses soins. Cette nouvelle forme d'estivage constitue actuellement une branche florissante de l'économie alpestre, surtout dans le nord du Jura. Comme leurs prédécesseurs les vachers traditionnels, nos hommes font au printemps la tournée des fermes où ils s'attendent à obtenir du jeune bétail. On fixe le nombre de bêtes et le jour de la montée à l'alpage. Mais le téléphone de plus en plus se substitue au contact personnel..."

Paul HUGGER - Le Jura vaudois
(thèse d'ethnologie écrite en 1974 !)

*Amodier = Donner à ferme moyennant une redevance en nature (ce verbe est encore utilisé dans le domaine minier...)



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