Le Trochiscanthe nodiflore [TN]

n°791 (2021-42)

mardi 26 octobre 2021

"Lettre hebdomadaire" du site "Rencontres Sauvages"
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Marguerite MONNOT - Hymne à l'amour

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Gabo et Capucine
dans le jardin

Courvières (Haut-Doubs)
septembre et octobre 2021
fin de l'été et début de l'automne



Epeire et son ombre
Courvières (Haut-Doubs)
jeudi 2 septembre 2021





Epeire et son ombre
Courvières (Haut-Doubs)
jeudi 2 septembre 2021



Capucine
Courvières (Haut-Doubs)
jeudi 2 septembre 2021

Abeille domestique
Courvières (Haut-Doubs)
samedi 4 septembre 2021



Syrphe et Soucis
Courvières (Haut-Doubs)
dimanche 5 septembre 2021

Opilion sur des fleurs de Joubarbe
Courvières (Haut-Doubs)
dimanche 5 septembre 2021

Roses
Courvières (Haut-Doubs)
dimanche 5 septembre 2021



Fruit de la Capucine
Courvières (Haut-Doubs)
dimanche 5 septembre 2021





Capucine dans la lumière du soir
Courvières (Haut-Doubs)
dimanche 5 septembre 2021



Gabo
Courvières (Haut-Doubs)
dimanche 5 septembre 2021


Séneçon
Courvières (Haut-Doubs)
vendredi 10 septembre 2021



Bourrache
Courvières (Haut-Doubs)
vendredi 10 septembre 2021

Liseron
Courvières (Haut-Doubs)
vendredi 10 septembre 2021



Tournesol
Courvières (Haut-Doubs)
vendredi 10 septembre 2021



Gabo
Courvières (Haut-Doubs)
vendredi 10 septembre 2021



Courvières (Haut-Doubs)
vendredi 10 septembre 2021



Courvières (Haut-Doubs)
samedi 11 septembre 2021



Fleurs de Joubarbe dans la lumière du soir
Courvières (Haut-Doubs)
samedi 11 septembre 2021



Feuille de Consoude dans la lumière du soir
Courvières (Haut-Doubs)
samedi 11 septembre 2021

Fleurs de Rhubarbe
Courvières (Haut-Doubs)
samedi 11 septembre 2021



Fleurs de Bourrache
Courvières (Haut-Doubs)
dimanche 12 septembre 2021



Courvières (Haut-Doubs)
dimanche 12 septembre 2021



Cardère
Courvières (Haut-Doubs)
samedi 18 septembre 2021



Campanule et rosée
Courvières (Haut-Doubs)
samedi 18 septembre 2021



Cirse vulgaire
Courvières (Haut-Doubs)
samedi 18 septembre 2021



Tournesol
Courvières (Haut-Doubs)
samedi 18 septembre 2021



Bourrache
Courvières (Haut-Doubs)
jeudi 23 septembre 2021



Menthe
Courvières (Haut-Doubs)
jeudi 23 septembre 2021



Centaurée
Courvières (Haut-Doubs)
dimanche 26 septembre 2021



Saule
Courvières (Haut-Doubs)
lundi 27 septembre 2021



Rosée
Courvières (Haut-Doubs)
jeudi 30 septembre 2021




Rosée
Courvières (Haut-Doubs)
jeudi 30 septembre 2021



Gabo
dimanche 12 septembre 2021
<image en 16/9ème - Samsung A50>





Ciel du soir
mardi 5 octobre 2021
<image en 16/9ème - Samsung A50>






mardi 5 octobre 2021





dimanche 10 octobre 2021







samedi 16 octobre 2021







Gabo
samedi 23 octobre 2021
<image en 16/9ème - Samsung A50>




Pour relire un autre texte de  Rick BASS
(sur septembre aussi !!)

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[numéro 718]
(2020 - 19)

Mots fléchés et petites Fleurs - Courvières, Haut-Doubs - avril 2020

Texte :  Winter - Rick Bass

Musique : Stabat Mater - L Boccherini

mardi 12
mai
2020



Suggestion de lecture :

"Septembre

[…]

Les filles veulent faire rouler encore un rocher le long d'une pente couverte d'herbe-à-ours en contrebas. C'est la septième année du cycle de cette variété de Lys sauvage – une année de floraison incroyable – et je les laisse faire, à condition que ce soit le dernier.

C'est la plus belle des cascades. La grosse pierre ronde dévale la piste comme si elle voulait nous fuir, puis, sans raison apparente, oblique soudain – on dirait qu'elle a décidé de changer de cap -, puis tourne à nouveau et reprend sa course première. Elle traverse à toute allure les champs de l'arrière-saison, les herbes-à-ours très hautes en ce mois de septembre, arrachant au passage les tiges qui commencent à sécher et faisant voler des nuées de pollen qui s'élèvent et retombent sur toute la pente – longtemps après le passage de la pierre qui a disparu dans les bois. L'arc jaune du pollen dessine un court instant une forme recourbée qui rappelle elle aussi celle de la côte d'un cerf.

Pourtant, une telle organisation des formes, de telles restrictions et une telle obéissance au principe d'unicité n'existent ni en tous lieux ni à n'importe quel moment. Il y a une vie, un pouls, une respiration – un combustible, ou une force – qui gouverne le mouvement conduisant à la répétition de ces formes, de ces modèles et de ces schémas.

L'herbe-à-ours, par exemple, avec ses fleurs sauvages qui reviennent tous les sept ans, ces immenses pompons odorants qui dominent de si haut les autres herbes de la prairie : il est certain qu'au cours de ces sept ans, ces plantes se préparent à l'expansion, elle ne se contentent pas de prendre des forces et de puiser des substances nutritives dans la fine couche de terre où elles poussent, mais planifient leur prochaine apparition afin de réussir une colonisation maximale des espaces.

A cet égard – les six années d'inspiration et l'année lumineuse de puissante expiration – on peut considérer que l'herbe-à-ours fait preuve d'une sorte de détermination rusée bien que limitée. Pourtant en prenant un peu de recul et en regardant la montagne entière de loin (de l'autre versant, par exemple), vous remarquerez qu'il y a beaucoup d'autres pièces à ce puzzle, dont chacune a son propre rythme, au point que cela finit par vous donner le vertige et vous comprenez qu'en fait tout bouge absolument sans arrêt, même si ce n'est qu'à quelques centimètres sous la surface de la terre – que tout se déplace à la vitesse d'un wapiti qui galope à flanc de montagne, ou même celle d'un rocher qui dévale la pente jusqu'au lit de la vallée.

Nous nous relevons et reprenons la descente. A un certain moment, alors que nous sommes encore assez haut, nous effrayons deux grosses grenouilles mouchetées, qui s'enfuient sur notre passage à grands bonds énergiques en direction du sommet. Elles sont très loin du moindre point d'eau – la mare saisonnière la plus proche est à presque cinq cents mètres à plusieurs centaines de pieds plus haut, tout près de la crête. Il me vient soudain à l'esprit que ces batraciens doivent savoir que la pluie est imminente, et que malgré la chaleur de l'été, elles sont en train de migrer, élargissant leur propre territoire, à l'ombre des pompons argentés de l'herbe-à-ours, jouant leur vie, leurs conquêtes d'espace, en misant tout sur la certitude, l'intuition – faut-il parler de foi ? - qu'il pleuvra avant qu'elles aient eu le temps de se dessécher, si loin de chez elles.

Les mares saisonnières ne retiendront pas d'eau avant encore quelques semaines – il faudra des jours de pluie de septembre et même d'octobre pour les remplir – mais si ces grenouilles les trouvent à temps (peut-être d'ailleurs y ont-elles vu le jour, peut-être s'agit-il seulement d'y retourner, après un été d'exploration où elles ont dévalé les pentes pour aller pondre leurs œufs), elles s'enfouissent dans les profondes crevasses qui se sont ouvertes dans la boue, en se glissant entre les dalles polygonales tapissant le fond des vasières parcheminées, et elles se laissent réhydrater et nourrir par cette averse qu'elles ont anticipée.

Nous poursuivons la descente, ébahis par ce que nous venons de voir – des grenouilles mouchetées, à près de deux kilomètres du point d'eau permanent le plus proche : l'avant-garde peut-être de tout un bataillon de grenouilles en pleine migration, bondissant à travers la montagne et l'escaladant au moment même où nous en redescendons. Quand nous atteignons notre camion, des éclairs zèbrent le ciel en direction du sud, provenant de nuages qui n'ont désormais plus la forme de wapitis mais plutôt celle d'immenses champignons violets, et les premières gouttes de pluis commencent à marteler notre vieux véhicule poussiéreux..."

Rick BASS - Le journal des cinq saisons



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