Le Trochiscanthe nodiflore [TN]

n°763 (2021-14)

mardi 13 avril 2021

"Lettre hebdomadaire" du site "Rencontres Sauvages"
explications sur le nom de cette lettre : [ici] ou [ici]
Si cette page ne s'affiche pas correctement, cliquez [ici]


 
GF HAENDEL - Te Deum "Caroline"

Pour regarder et écouter,
cliquez sur la flèche au centre de l'image...



ou cliquez [ici]



Petits oiseaux
autour de la ferme...

Courvières (Haut-Doubs)
février, mars et avril 2021



Mésange charbonnière
Courvières (Haut-Doubs)
dimanche 14 février 2021


Mésange bleue
Courvières (Haut-Doubs)

dimanche 14 février 2021



Mésange bleue
Courvières (Haut-Doubs)

dimanche 14 février 2021



<image recadrée>



Mésange charbonnière
Courvières (Haut-Doubs)
samedi 20 février 2021

<image recadrée>



Mésange charbonnière
Courvières (Haut-Doubs)
samedi 20 février 2021

Mésange charbonnière
Courvières (Haut-Doubs)
dimanche 14 mars 2021



Pie
Courvières (Haut-Doubs)
jeudi 18 mars 2021



Corneille
Courvières (Haut-Doubs)
jeudi 18 mars 2021

Pinson des arbres mâle
Courvières (Haut-Doubs)
samedi 20 mars 2021



Linotte mélodieuse (jeune mâle ?)
Courvières (Haut-Doubs)
samedi 20 mars 2021





<image recadrée>




Linotte mélodieuse
Courvières (Haut-Doubs)
samedi 20 mars 2021
<image recadrée>



Moineau domestique mâle
Courvières (Haut-Doubs)
samedi 27 mars 2021

<image recadrée>



<image recadrée>



Moineau domestique mâle
Courvières (Haut-Doubs)
samedi 27 mars 2021



Moineau domestique mâle
Courvières (Haut-Doubs)
samedi 27 mars 2021



Moineau domestique mâle
Courvières (Haut-Doubs)
dimanche 4 avril 2021



<image recadrée>



<image recadrée>



Mésange charbonnière
Courvières (Haut-Doubs)
dimanche 4 avril 2021



Courvières (Haut-Doubs)
jeudi 8 avril 2021



<image recadrée>



Portrait
<image recadrée>



Courvières (Haut-Doubs)
jeudi 8 avril 2021



<image recadrée>



Courvières (Haut-Doubs)
jeudi 8 avril 2021



Courvières (Haut-Doubs)
samedi 10 avril 2021



Courvières (Haut-Doubs)
samedi 10 avril 2021



Pour voir des images du HOGGAR
cliquez sur chaque [numéro]

[numéro 50]

Chameaux et Caravanes - HOGGAR (Algérie) - février et mars 2003

Texte : Le chercheur d'absolu - Théodore MONOD

mardi 30
janvier 2007
[numéro 211]

 Tam - HOGGAR (Algérie) - février et mars 2003

Texte : La Femme bleue - Maguy VAUTIER

mardi 6
avril 2010



Suggestion de lecture :

" SE SOUSTRAIRE

Je songe à cette longue parenthèse, ouverte en 1923 et refermée le 9 janvier 1994 à midi dix, heure et date auxquelles je suis descendu de chameau pour la dernière fois. Il faut bien se résoudre à certaines raisons physiologiques ! Le voyage au long cours saharien, je le ferai désormais en 4 x 4.

En vieillissant, je voyage beaucoup dans ma mémoire, même dans mon appartement, situé dans le navire de Paris. Je retrouve la leçon du désert, son épure, son chant du silence, dont j’aimerais que soit empreinte la soi-disant civilisation étouffée par l’anthropomorphisme triomphaliste et orgueilleux. Ce serait une reconnaissance, la supervie et non la survie. La préparation d’un homme cosmique, spirituel et authentique, dépouillé de ses inutilités. Moins d’artifice, de bruit et de fureur. J’imagine ce flot de gens dans le désert, ce grand révélateur. Avec lui, l’éternité, c’est-à-dire l’immensité du temps, se vit au quotidien. Sa géologie est visible même pour un amateur. Le squelette de la planète apparaît sans complexité. L’histoire de la Terre se lit à livre ouvert. La nature nous apprend la sagesse. C’est un trait marquant de la civilisation saharienne dont le rythme est lent, constant et puissant. Les Bédouins ne sont pas pressés. S’ils n’arrivent pas à destination aujourd’hui, ce sera demain. Les chercheurs, eux, doivent suivre un programme, atteindre des étapes à des dates précises, respecter une organisation même dans un milieu saharien. Le Sahara nous enseigne à ne pas gémir, à ne pas parler inutilement. Les mots inutiles nous intoxiquent. Le silence d’ailleurs fait partie de beaucoup de règles religieuses. Le désert, comme le diocèse, vous ponce l’âme, vous apprend les geste en symbiose avec le corps, une certaine lenteur intérieure. Mais à contrario des Bédouins, dans le désert, je ne maîtrise pas toujours mon impatience, tant je suis dévoré par la curiosité, la soif de comprendre, de récolter. Je ne me comporte toutefois pas en aventurier. J’explore au sens large du mot. Mon but est d’ajouter des connaissances à celles déjà acquises.
Le Sahara est solennel, c’est un monde à part où la flore, la faune demeurent en vie par des grâces d’adaptation étonnantes. Le désert, à priori, c’est globe sans terre végétale, sans humus et sans trace d’activité humaine. Il ressemble, pourrait-on dire, à la Terre avant l’homme ou à son devenir si l’homme décide son suicide universel. Il nous donne la notion de l’immensité du temps, de l’éternité. L’être humain ne ressent plus son existence comme un éclair sur la Terre.

La destiné m’a convoqué dans ce lieu, elle a fait de moi un méhariste, un homme des sables. Le désert est un éducateur sévère qui ne laisse passer aucune faiblesse. Les nomades « ressentent » l'homme dans sa psychologie avec une acuité qui égale celle de leur regard. Voir loin et clair et devenu ma devise. Si j'avais été uniquement un citadin, j'aurais certes combattu, cherché les raisons de notre existence mais avec moins d'ampleur. Mon éducation m'avait déjà préparé au dépassement de soi, mais la rencontre avec le désert et son peuple, la vie crue et nue vous mène, vous entraîne à la verticalité ; elle m'a éloigné des moments végétatifs, creux, inutiles qui altèrent la vie du citadin. Au désert, les extrémités du temps, l'Alpha, l'Oméga, semblent perceptibles. En ville, une montre est indispensable pour marquer le temps citadin ou un cadran solaire. Celui de la maison de Cuvier au Jardin des Plantes porte une devise qui anime tout scientifique : Transibunt, sed augebitur sciencia, « Les heures passeront, mais la science continuera à s'accroître ». Cette vie d'ermite et de chercheur m'a donné le goût, non d'être un spécialiste, mais un encyclopédiste orienté vers le point de départ de l'aventure humaine. De chaque expédition nous ramenons plantes, insectes, pierres. Ce fut le cas en Mauritanie, à la Mâjâbat al Koubra, lors de ma dernière méharée, à dos de chameau, soit une récolte de 15 kg nécessitant un an d'études et plus. Mais c'est ainsi que les traces pointillées concernant la Création se rejoignent, nous révélant toujours plus le passé.

Le désert, c'est aussi l'apprentissage de la soustraction. Deux litres et demi d'eau par personne et par jour, une nourriture frugale, quelques livres, peu de paroles. Les veillées du soir sont consacrées aux légendes, aux contes, au rire. Le reste appartient à la méditation, au spirituel. Le cerveau met le cap en avant. Nous sommes enfin débarrassés des futilités, des inutilités, des bavardages. L'homme, cette étincelle entre deux gouffres, trace ici un chemin qui s'effacera après son passage.

Soustraire, se soustraire ; prendre l'essentiel non seulement d'objets mais de pensées, cet allégement est déjà une philosophie. Le désert n'est pas complaisant. Il sculpte l'âme. Il tanne le corps. Il faut supporter le soleil intense du jour, le froid de la nuit. Trouver de l'eau, cette richesse. Supporter de perdre le sens du temps et de l'espace. Ceci n'est pas réservé aux novices. Si ce vertige prend un Touareg, vous le verrez s'allonger, se recouvrir de son burnous. L'arrêt, le sommeil, l'obscurité, le silence le recentrent. Car le désert, dans le Ténéré par exemple, offre, comme la mer, un horizon perpétuellement circulaire. Nous utilisons à présent un instrument de positionnement par satellite. Il suffit de lire les chiffres sur l'appareil et de les reporter sur la carte. Pour ma part, je préfère utiliser ma vieille boussole. Les nomades, eux, se réfèrent toujours aux astres, au vent. Quelques mots d'un Bédouin m'ont toujours plus appris que ceux des professeurs. C'est pourquoi j'interroge toujours les pèlerins du désert. Leur acuité visuelle, mentale, instinctive est admirable. Le nomade s'appuie sur des repères infimes dans un paysage quasi désertique : une bande de sable de telle couleur, un ensemble de pierres de telles formes. L'homme est lié au paysage et sa vigilance lui garantit une liberté toujours fragile.

Au désert, on apprend l'existence simple. On retrouve l'origine de cette vie venue il y a trois milliards d'années sous une forme très modeste que j'appelle la « soupe primordiale ». Même le sommeil est une symbiose. Je creuse une alvéole dans le sable pour y loger ma selle maure de l'Ouest sur le flanc. La couche est orientée selon le vent. La tête repose entre les ailes de la selle. Le corps est enveloppé dans le burnous, les pieds dans le capuchon. J'ai découvert tardivement le sac de couchage et j'avoue qu'il n'invite pas au lever matinal.

Le désert commence, hélas, à intéresser les prédateurs. Des voyages d'initiation à la carte sont programmés par des « agences de tourisme », d'ailleurs désolées par l'interdiction de camper dans le sud de la Jordanie. Les parcours sont « originaux ». La guerre détourne parfois les voyageurs de cet exotisme. Et puis la location des chameaux est plus chère que celle d'un 4 x 4, notamment dans l'Oman, le désert des Wahibas. Il m'a été rapporté que certains touristes bronzent en tenue de plage, que des femmes européennes se baignent dans les grandes gueltas comme dans une piscine, ceci devant les nomades au mépris de leurs coutumes. Certes, c'est plus original que de griller recto verso sur les plages de France et de nager dans les eaux troubles de la Méditerranée.

Ce « lobby saharien » m'inquiète beaucoup. Nous avions déjà les agents immobiliers pour grignoter le littoral de l'Hexagone et voici les « agents du sable ». Les déserts froids, qui demandent des qualités d'endurance, ont moins de succès. Les citadins occidentaux parcourant ce lieu religieux ne peuvent, évidemment, se libérer en deux semaines du poids d'un monde qui renie les joies de la contemplation, le sacrement du silence et veut, d'abord, le bruit, la vitesse, les quotidiennes excitations de l'artifice et les promesses bien fugaces du poison sous toutes ses formes, liquides ou non.

Les touristes affluent tandis que les Touaregs disparaissent, peu à peu détruits. Mais n'oublions pas qu'ils firent des Nigériens leurs esclaves. L'Ecclésiaste nous dit : « Il y a un temps pour tout ». Les nomades, ces hommes libres, déplaisent aux pouvoirs centraux parce qu'ils leur échappent. Ils dérangent les gouvernements, les bureaucrates qui n'arrivent pas à les maîtriser de gré ou de force, d'où la tentation de les exterminer. Les grandes tribus chamelières ne se préoccupent pas des frontières, mais des territoires. Ils n'obéissent qu'à une autorité, celle du Désert et de Dieu. L'Afrique est constamment en proie à des massacres dus à l'instauration de gouvernements-guérillas. C'est un gâteau que les puissances occidentales se partagent.


Les nomades sont en péril. On peut tuer un peuple de différentes manières, pas seulement par les armes, mais aussi par le grignotement spirituel. Les Esquimaux, anesthésiés par les travers du modernisme, ont succombé à la « civilisation ». Mettre un Berbère dans la cage d'un H.L.M., le changer en Homo urbicus est une méthode comme une autre pour faire mourir un vieux loup des sables.

Le nomadisme est soumis à une structure sociale, aux lieux, aux variations climatiques, aux pressions gouvernementales, au droit coutumier des tribus. Ce n'est pas un groupe homogène. Les types de nomadisme sont riches de transitions, de formes mixtes. Leur rythme diffère selon qu'ils sont des nomades à migrations saisonnières, des semi-nomades, pour la plupart cultivateurs de céréales. Dans le centre des déserts vivent les nomades à migrations apériodiques. Ceux à migrations saisonnières parcourent de longues distances plus spécialement sur les bordures des déserts ou dans les montagnes. Un scientifique, Johnson, s'est penché sur leurs rythmes de navigation. Le nomadisme horizontal est pulsatoire, c'est un mouvement d'expansion et de rétraction à partir d'un point central elliptique, en circuit, la route du retour différant de celle de l'aller. Quant au nomadisme vertical, il est constitué de trajets moyens ou longs. Son rythme est une contraction oscillatoire et concerne notamment les peuples de l'Afghanistan. En revanche, les Touaregs du Hoggar voyagent dans des secteurs plus limités. Le nomadisme complexe est associé à l'agriculture et donc en rapport avec les changements climatiques ou encore les guerres entre tribus. L'avenir du nomadisme dépend du comportement des gouvernements. La seule richesse des nomades étant leur liberté. Ce sont des marginaux, ils n'entrent donc pas dans le cadre des systèmes de contrôle. Eau et pâturages sont les garants de leur liberté. Les Etats tentent de forcer les nomades à la sédentarisation.

Lors de notre mission auprès du peuple sahraoui, nous avons aménagé des points d'eau. Il faudrait consteller le Sahara de cultures. Le chercheur doit contribuer à équilibrer la vie des nomades sédentaires et itinérants afin que les relais s'organisent..."

Théodore MONOD - Le chercheur d'absolu



Voir la liste des anciens numéros du"Trochiscanthe nodiflore" (les archives) : cliquez [ici]

Site internet : Rencontres sauvages

Me contacter : pascal@pascal-marguet.com

Calendrier 2020 : Pour le télécharger directement au format pdf (1300 ko), cliquez [ici]

 

Pour vous désinscrire, vous pouvez m'envoyer un e-mail (en répondant à ce message) avec pour objet "désinscription",

ou en cliquant

[ici]

Rejoignez-moi sur "FaceBook" en cliquant sur le lien suivant :

[http://www.facebook.com/marguet.pascal.1654]