Le Trochiscanthe nodiflore [TN]

n°923 (2024-23)

mardi 4 juin 2024

"Lettre hebdomadaire" du site "Rencontres Sauvages"
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JS BACH - Cantate BWV 74

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Essai d'installation du printemps...

Episode IV

Entre soleil et nuages

Courvières (Haut-Doubs),
loge n° 5
fin-avril et début mai 2024

3 matins



Le soleil se lève...
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
samedi 27 avril 2024



La lune se couche...
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
samedi 27 avril 2024



Pinson des arbres mâle

Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
samedi 27 avril 2024

Chat forestier
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
samedi 27 avril 2024



Chat forestier
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
samedi 27 avril 2024



Dans l'ombre
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
samedi 27 avril 2024

Retour en forêt
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
samedi 27 avril 2024

Bergeronnette grise
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
samedi 27 avril 2024

Potentille sp.
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
samedi 27 avril 2024




Merisier (ou Cerisier à grappe)
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
samedi 27 avril 2024



Cardamine des prés
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
samedi 27 avril 2024



Tussilage (en fruit)

Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
samedi 27 avril 2024


Primevère
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
samedi 27 avril 2024

Gentiane printanière
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
samedi 27 avril 2024



Orchis mâle
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
samedi 27 avril 2024

Erodium cicutarium
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
samedi 27 avril 2024



La loge n° 5
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
samedi 27 avril 2024



Au lever du soleil : dans la brume...
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
mercredi 1er mai 2024



Genisse couché (à la fin de la nuit)
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
mercredi 1er mai 2024



Bergeronnette grise
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
mercredi 1er mai 2024



Bergeronnette et museau !
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
mercredi 1er mai 2024

Devant une génisse...
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
mercredi 1er mai 2024




Flou-filé
(essai avec une vitesse d'obturation basse)

Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
mercredi 1er mai 2024

Loge n° 5
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
mercredi 1er mai 2024

Au lever du soleil : sous les nuages
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
jeudi 2 mai 2024



Autres essais de "flou-filés"
(à défaut de lumière !)

Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
jeudi 2 mai 2024


Depuis l'affût
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
jeudi 2 mai 2024



Chardonneret élégant
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
jeudi 2 mai 2024



Un rayon de soleil...
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
jeudi 2 mai 2024



2669 : après la pluie
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
jeudi 2 mai 2024



Feuille d'Alchemille après la pluie
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
jeudi 2 mai 2024

Loge n°5
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
jeudi 2 mai 2024

[à suivre...]




Suggestion de lecture :

"1

« Qui t'a appris à voler ? » ai-je demandé à Hawk, mon mari.

Dans cet autre monde où nous sommes à présent, derrière le monde mort que nous avons quitté à l'automne, nous longions la rivière à cheval en quête d'un peu de gibier. Par une belle matinée de printemps, le soleil levant dissipait la fraîcheur nocturne.

« Ma mère, m'a-t-il répondu.

  • Quel âge avais-tu ?

  • Difficile à dire, nous ne comptons pas les années à la manière de l'homme blanc. Je commençais juste à marcher sur mes deux jambes. Et je savais monter un cheval... à condition qu'on me hisse sur son dos.

  • Tu avais voulu qu'elle t'apprenne ?

  • Cela n'était pas nécessaire. Nous savions, elle et moi, que le temps était venu de quitter le nid. Il n'y avait pas grand-chose à apprendre. Perché en haut de l'arbre, je voyais bien que le sol, tout en bas, était très loin de la branche. Ma mère m'appelait en décrivant de grands cercles dans le ciel. Qu'allais-je faire ? Replier mes ailes et tomber comme une pierre, ou les déployer pour la rejoindre dans les airs ?

  • Es-tu en train de me dire que tu es né dans un nid ? Sur une branche ? Je suppose que tu files la métaphore ?

  • Je ne connais pas ce mot.

  • C'est une figure de style qui consiste à décrire une chose par un équivalent. »

Il m'a regardée en riant avec cette expression désarmante qui me fait fondre.

« Je ne comprends toujours pas.

  • Donc tu étais un jeune garçon... qui savait monter à cheval avant de marcher, mais aussi un oisillon perché dans un arbre, et qui s'apprêtait à voler pour la première fois ?

  • Un... quoi ? Enfin, oui, j'étais tout cela.

  • Très bien, ai-je admis en hochant la tête. Pour une métaphore, c'en est une. »


2

Ici les dates n'existent pas, les jours de la semaine n'ont pas de nom et, comme les années ne sont pas numérotés. Tels nos frères les animaux, nous nous conformons à l'horloge fluide de la nature. Bien sûr, les saisons ont différentes appellations dans les langues des diverses tribus, mais elles ne sont pas circonscrites. Elles ne commencent ni ne finissent par un jour déterminé, et nous ne suivons aucun calendrier. Comme partout ailleurs, le printemps revient en avance ou pas, lentement ou brusquement, et, léger ou intense, il dure autant qu'il veut ; c'est notre mère la Terre qui en décide, souvent capricieuse et imprévisible, comme elle en a souverainement le droit.

Depuis l'arrivée du beau temps, les marchands français redescendent du Canada pour proposer des articles qu'ils nous échangent contre nos peaux et fourrures. Comme il ne nous en reste plus guère, nous devons recourir au crédit et nous les rembourserons lorsqu'ils reviendront à l'automne, une fois la saison de chasse terminée. Je me suis liée d'amitié avec un certain Jacques Babie, un homme avenant, barbu, costaud et singulièrement érudit.

« Vous m'appellerez baby, madame, comme tout le monde », a-t-il suggéré lors de notre première rencontre.

Son air vaguement résigné m'a fait rire.

« Mon nom est Molly McGill Hawk, lui ai-je répondu, et, sans vouloir vous vexer, vous êtes le lus gros bébé barbu que j'aie jamais vu. Cela vous gênerait-il beaucoup que je vous appelle Jacques ?

  • Cela n'a rien de vexant, madame Hawk, m'a-t-il assuré en s'inclinant courtoisement. Et Jacques me convient très bien.

  • Comme Molly pour moi. »

Il m'a procuré deux carnets – non plus les registres des comptoirs que nous avons largement utilisés jusque-là, mais de vrais carnets de notes – et toute une provision de crayons de couleur dont nos compagnons indiens se serviront pour leurs illustrations. Quelle joie de pouvoir à nouveau coucher mes pensées sur le papier... à mon seul profit, toutefois.

Les marchands troquent d'autres produits, le café étant l'un des plus convoités, mais aussi de la farine, du sucre et du tabac, ce dernier généralement réservé aux cérémonies et aux pow-wows ; et encore des couvertures de laine, des tissus imprimés, que nous-mêmes et les Indiennes apprécions beaucoup. Suivant modestement les modes, nous les arrangeons avec coquetterie. Quel plaisir de créer un vêtement sans avoir besoin de tuer un animal qu'il faut ensuite dépouiller pour en tanner la peau ! Les ambulants nous fournissent également des ustensiles de cuisine, poêles, casseroles, etc. ; enfin des perles, des pièces et autres brillants pour orner nos cheveux, porter autour du cou, coudre sur nos vêtements ou nouer sur la crinière et la queue des chevaux.

Si l'on en croit Jacques Babie, les contrées dont ils proviennent, lui et les autres marchands, représentent la partie civilisée du « Monde véritable derrière le monde mort » - comme le veut l'expression du mythe qui fonde ceux-ci. Selon Jacques, on pratique aussi chez lui des jeux guerriers, sans pour autant se livrer à de vrais guerres ; hommes et femmes défoulent leur agressivité grâce à un éventail de compétitions sportives, et tous vivent en paix sans jamais tuer personne... en tout cas pas volontairement. Des accidents peuvent survenir pendant les jeux, comme au cours de toute vie normale.

Il arrive parfois que des couples ne s'entendent plus ; des disputes opposent maris et femmes, des querelles éclatent dans une famille, et il existe la même forme de divorce que chez les natifs du « monde mort » : il implique, tout simplement, que l'épouse quitte la loge conjugale et retourne dans sa famille. Mais les violences physiques sont inexistantes et aucun enfant n'est maltraité. Ces choses-là sont ici taboues... je ne devrais peut-être pas employer ce terme... disons qu'elles sont à la fois innommables et inimaginables.

Si je n'ai as vraiment réussi à comprendre et à accepter cette réalité, des forces aussi étranges qu'inexplicables semblent en exclure la fureur et la cruauté, ces faiblesses bien humaines qui conduisent à la brutalité et au meurtre. Des horreurs dont je peux malheureusement témoigner, hantée que je suis par ma petite fille morte sous les coups de son père... que j'ai lui-même tué ensuite dans un accès de rage. Un acte que je ne regrette en rien, sinon qu'il m'a valu une peine de prison à vie, à Sing Sing, au lieu de la pendaison que j'espérais. Elle aurait fait disparaître l'image cauchemardesque du corps meurtri de mon enfant. Toute ma vie, celle-ci restera imprimée dans ma conscience, quel que soit le monde que je suis censée habiter.

Les personnes de notre groupe qui ont choisi de rester ici paraissent mystérieusement obéir à cette force pacifique, comme si nous avions été purifiés par la tempête qui nous a transportés d'un univers à l'autre. Bien sûr, nous n'abordons pas ce sujet avec celles que nous rencontrons à présent, puisque c'est le seul monde qu'elles connaissent... jusqu'à ce que nous fassions irruption dans le leur.

Je sais combien tout cela est irrationnel, que mes griffonnages incertains s'apparentent aux divagations d'une folle – une folle qui, cependant, garde son calme et parle posément. J'ai la curieuse impression d'avoir pris pied dans une sorte de fable, d'être le jouet d'un marionnettiste qui, pour l'instant, n'a pas professé sa morale. J'écris donc pour essayer de trouver un sens à ce qui m'entoure, pour définir et comprendre ce qui, après tout, ne peut l'être. Enfin... mon mari vole comme un faucon, du moins le croit-il... et m'emporte sur son dos dans mes rêves érotiques. Si ce sont bien des rêves..."

Jim FERGUS - Le monde véritable


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