Le Trochiscanthe nodiflore [TN]

n°787 (2021-38)

mardi 28 septembre 2021

"Lettre hebdomadaire" du site "Rencontres Sauvages"
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Domenico CIMAROSA - Concerto pour clarinette

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Gabo, Capucine et Joubarbe
au jardin...

Courvières (Haut-Doubs)
fin juillet et août 2021



Gabo fait ses griffes...
Courvières (Haut-Doubs)
vendredi 23 juillet 2021

<Samsung A50, 16/9ème>



<Samsung A50, 16/9ème>



<Samsung A50, 16/9ème>



<Samsung A50, 16/9ème>



<Samsung A50, 16/9ème>

Gabo fait la sieste...
Courvières (Haut-Doubs)
dimanche 25 juillet 2021

<Samsung A50, 16/9ème>



Fleur de Capucine
Courvières (Haut-Doubs)
jeudi 5 août 2021



Tomates
Courvières (Haut-Doubs)
jeudi 5 août 2021

Fleurs de Joubarbe
Courvières (Haut-Doubs)
vendredi 6 août 2021



Feuille de Rhubarbe
Courvières (Haut-Doubs)
vendredi 6 août 2021



Cardère
Courvières (Haut-Doubs)
vendredi 6 août 2021

Tégénaire dans son repère
Courvières (Haut-Doubs)
samedi 7 août 2021



Pholcus mâle
Courvières (Haut-Doubs)
samedi 7 août 2021



Tégénaire dans son repère II
Courvières (Haut-Doubs)
samedi 7 août 2021



Abeille butinant
Courvières (Haut-Doubs)
dimanche 8 août 2021



Syrphe sur Tanaisie
Courvières (Haut-Doubs)
dimanche 8 août 2021



Fleur de Joubarbe
Courvières (Haut-Doubs)
dimanche 8 août 2021





Elle est sortie !
Courvières (Haut-Doubs)
dimanche 8 août 2021


<image recadrée>

Capucine
Courvières (Haut-Doubs)
mardi 10 août 2021



Knautie à feuilles de cardère
Courvières (Haut-Doubs)
mardi 10 août 2021



Knautie, en fruit
Courvières (Haut-Doubs)
mardi 10 août 2021

Joubarbe
Courvières (Haut-Doubs)
mardi 10 août 2021



Knautie
Courvières (Haut-Doubs)
mardi 10 août 2021



Laiteron et rosée
Courvières (Haut-Doubs)
jeudi 12 août 2021



Soucis et rosée
Courvières (Haut-Doubs)
jeudi 12 août 2021



Séneçon et rosée
Courvières (Haut-Doubs)
jeudi 12 août 2021

Campanule et rosée
Courvières (Haut-Doubs)
jeudi 12 août 2021

Rosée
Courvières (Haut-Doubs)
jeudi 12 août 2021



Fleur de Poireau perpétuel et rosée
Courvières (Haut-Doubs)
jeudi 12 août 2021



Coccinelle sp.
Courvières (Haut-Doubs)
jeudi 12 août 2021



Tanaisie
Courvières (Haut-Doubs)
jeudi 12 août 2021



Abeille domestique
Courvières (Haut-Doubs)
jeudi 12 août 2021



Abeille domestique
Courvières (Haut-Doubs)
jeudi 12 août 2021

<image recadrée>



Poireau perpetuel
Courvières (Haut-Doubs)
dimanche 15 août 2021



Joubarbe
Courvières (Haut-Doubs)
dimanche 15 août 2021



Trèfle
Courvières (Haut-Doubs)
dimanche 15 août 2021



Alchemille (après la pluie !)
Courvières (Haut-Doubs)
mardi 17 août 2021



Joubarbe
Courvières (Haut-Doubs)
mercredi 18 août 2021



Grande Sauterelle verte
Courvières (Haut-Doubs)
jeudi 19 août 2021



... une femelle
Courvières (Haut-Doubs)
jeudi 19 août 2021



<image recadrée>



<image recadrée>




Courvières (Haut-Doubs)
jeudi 19 août 2021

"Le temps des Chimères

Je me sens parfois comme un enfant prisonnier dans un corps d’adulte qui fuirait sa peine face à une humanité condamnée. Quelque chose me retiens au plus profond de mon âme.

Instinct mélancolique face à la situation actuelle du monde.
Quand j‘ai le moral dans les chaussettes et que je ne mets plus un pied devant l’autre, alors je pars en foret.

Pénétrer dans l’intimité de la vie sauvage n’est pas anodin. On y entre sur la pointe des pieds comme une danseuse étoile. On virevolte, on vit au rythme de la nature. Parfois on vandalise.

Sans métronome, mon coeur bat le tempo. Il s’émerveille, s’affole avant de ralentir. Chaque fois que je vais dans la nature c’est un voyage. Je suis alors mon seul juge loin de nos sociétés basées sur l‘apparence et le superficiel.
Dans les villes, on se croise, on se toise mais on ne se voit même plus. Des regards qui en disent long. «Métro, boulot, dodo», triptyque symptomatique de nos sociétés modernes.

L’humanité souffre et fait souffrir le vivant. Comment en sommes-nous arrivés là ? Et quand on tombe le masque que l’on doit porter aujourd’hui, on y voit notre vrai visage. Celle d’une humanité trop souvent égoïste..."


Extrait du livre du photographe Adrien Favre...









Grande Sauterelle verte
Courvières (Haut-Doubs)
jeudi 19 août 2021



Courvières (Haut-Doubs)
vendredi 20 août 2021







Gabo
Courvières (Haut-Doubs)
samedi 21 août 2021












Gabo
Courvières (Haut-Doubs)
samedi 21 août 2021





Roses
Courvières (Haut-Doubs)
samedi 21 août 2021





Tomates cerises
Courvières (Haut-Doubs)
samedi 21 août 2021



<image recadrée>


Pholcus mâle
Courvières (Haut-Doubs)
dimanche 22 août 2021

Pour voir d'autres images de Pholcus,
cliquez
[ici]




<image recadrée>



Courvières (Haut-Doubs)
mardi 24 août 2021



Oignon
Courvières (Haut-Doubs)
mardi 24 août 2021



Rosier
Courvières (Haut-Doubs)
mercredi 25 août 2021



<image recadrée>



Bourrache
Courvières (Haut-Doubs)
jeudi 26 août 2021



Détail de la patte d'une Abeille
(crochet qui lui permet d'accumuler,
puis de transporter le pollen jusqu'à la ruche...)

Courvières (Haut-Doubs)
jeudi 26 août 2021


<image recadrée>



Soucis
Courvières (Haut-Doubs)
jeudi 26 août 2021




Opilion
Courvières (Haut-Doubs)
jeudi 26 août 2021



Gabo
Courvières (Haut-Doubs)
jeudi 26 août 2021








Courvières (Haut-Doubs)
jeudi 26 août 2021



Cirse vulgaire
Courvières (Haut-Doubs)
vendredi 27 août 2021





Rhubarbe
Courvières (Haut-Doubs)
vendredi 27 août 2021



Saule... et Corneille
Courvières (Haut-Doubs)
vendredi 27 août 2021




Cirse commune
Courvières (Haut-Doubs)
vendredi 27 août 2021





Sieste au soleil
Courvières (Haut-Doubs)
mardi 31 août 2021

<Samsung A50, 16/9ème>



Pour relire un autre texte de MALAPARTE
(en fait "La Peau" est la suite de "Kaputt")

cliquez sur chaque [numéro]

[numéro 562]
(2017 - 13)


A l'affût : Lièvre, Buse variable et Chat sauvage - février et mars 2017 - Courvières, Haut-Doubs

Texte :  Kaputt - Curzio Malaparte

Musique : Tarantella - Ribayaz

mardi 28
mars 2017



Suggestion de lecture :

" Chapitre premier

LA PESTE

C'était pendant les jours de la « peste » de Naples. Chaque après-midi à cinq heures, après une demi-heure de punching-ball et une douche chaude au gymnase de la P.B.S., Peninsular Base Section, le colonel Jack Hamilton et moi descendions à pied vers San Ferdinando en jouant des coudes parmi la foule qui, depuis l'aube jusqu'à l'heure du couvre-feu, se pressait bruyamment dans la via Toledo.

Nous étions propres, bien lavés, bien nourris, Jack et moi, au milieu de la terrible foule napolitaine, lugubre, sale, affamée, vêtue de haillons, que des bandes de soldats des armées libéra­trices, composées de toutes les races de la terre, bousculaient et injuriaient dans toutes les langues et dans tous les patois du monde. L'honneur d'être libéré le premier était échu, parmi tous les peuples d'Europe, au peuple napolitain, et pour fêter une récompense si méritée, mes pauvres Napolitains, après trois années de famine, d'épidémie, de féroces bombardements, avaient accepté de bonne grâce, par amour de la patrie, la gloire ardemment désirée et enviée de jouer le rôle d'un peuple vaincu, de chanter, d'applaudir, de sauter de joie parmi les ruines de leurs maisons, d'agiter des drapeaux étrangers, ennemis la veille encore, et de jeter des fleurs sous les pas des vainqueurs.

Mais, en dépit de l'universel et sincère enthousiasme, il n'y avait pas un seul Napolitain, dans tout Naples, qui se considérât vaincu. Je ne saurais dire comment cet étrange sentiment était né dans l'âme du peuple. Il était hors de doute que l'Italie, et par conséquent Naples aussi, avait perdu la guerre. Il est certainement beaucoup plus difficile de perdre une guerre que de la gagner. Tout le monde sait gagner une guerre, tout le monde n'est pas capable de la perdre. Mais il ne suffit pas de perdre la guerre pour avoir le droit de se sentir un peuple vaincu. Dans leur antique sagesse, nourrie d'une douloureuse expérience plusieurs fois séculaire, et dans leur sincère modestie, mes pauvres Napolitains ne s'arrogeaient pas le droit de se sentir un peuple vaincu. C'était là, sans doute, un grave manque de tact. Mais les Alliés pouvaient-ils prétendre libérer les peuples, et les obliger en même temps à se sentir vaincus ? Ou libres ou vaincus. Il serais injuste de reprocher au peuple napolitain de ne se sentir ni libre ni vaincu.

Tandis que je marchais près du colonel Hamilton, je me sentais merveilleusement ridicule dans mon uniforme. Les uniformes du Corps Italien de la Libération étaient de vieux uniformes anglais, couleur kaki, cédés par le Commandement britannique au maréchal Badoglio, et reteints, peut-être pour essayer de cacher les taches de sang et les trous des balles, en un vert sombre couleur de lézard. C'étaient, en effet, des uniformes enlevés aux soldats britanniques tombés à El Alamein et à Tobrouk. Dans ma tunique on pouvait voir les trous de trois balles de mitrailleuse. Mon tricot, ma chemise, mon caleçon étaient tachés de sang. Mes chaussures mêmes avaient été enlevées au cadavre d'un soldat anglais. La première fois que je les avais mises, je m'étais senti piqué sous la plante du pied. Je pensai tout d'abord qu'un petit os du mort était resté collé à la chaussure. C'était un clou. Il eût mieux valu, peut-être, que ce fût vraiment un os du mort ; il m'eût été plus facile de l'ôter. Il me fallut une demi-heure pour trouver une paire de tenailles et arracher le clou. Il n'y a pas à dire : cette stupide guerre s'était vraiment bien terminée pour nous. Elle ne pouvait certainement pas mieux se terminer. Notre amour-propre de soldats vaincus était sauf : désormais nous combattions aux côtés des Alliés, pour gagner leur guerre après avoir perdu la nôtre. Il était donc naturel que nous fussions revêtus des uniformes de ces mêmes soldats alliés tués par nous.

Quand enfin je parvins à arracher le clou, et à mettre ma chaussure, la compagnie dont je devais prendre le commandement était déjà rassemblée, depuis un bon moment dans la cour de la caserne. Située du côté de la Torretta, derrière Mergellina, la caserne était un ancien couvent à moitié détruit par les siècles et les bombardements. La cour, en forme de cloître, était entourée sur trois côtés par un portique que soutenaient de maigres colonnes de tuf gris, et sur le quatrième côté par un grand mur jaune, parsemé de vertes taches de mousse et grandes plaques de marbre, sur lesquelles étaient gravées, sous d'immenses croix noires, de longues colonnes de noms. Au cours de quelque ancienne épidémie de choléra, le couvent avait été un lazaret, et ces noms étaient ceux des cholériques qui y étaient morts. Le mur portait, écrit en grandes lettres noires : Requiescant in pace.

Le colonel Palese avait tenu à me présenter lui-même à mes soldats, au cours d'une de ces cérémonies familières, qui tiennent tant au cœur des vieux militaire. C'était un homme grand, maigre, aux cheveux tout blancs. Il me serra la main sans mot dire et sourit en soupirant tristement. Les soldats étaient presque tous très jeunes. Ils s'étaient battus contre les Alliés en Afrique et en Sicile, aussi les Alliés les avaient-ils choisis pour former le premier noyau du Corps Italien de la Libération. Alignés au milieu de la cour, ils se tenaient là devant nous, me regardant fixement. Ils étaient eux aussi vêtus d'uniformes enlevés aux soldats anglais tombés à El Alamein et à Tobrouk ; leurs souliers étaient des souliers de morts. Ils avaient un visage émacié et pâle, des yeux blancs et fermes, faits d'une matière molle et opaque. Ils me fixaient, me sembla-t-il, sans battre des paupières.

Le colonel Palese fit un signe de la tête, le sergent cria : « Garde à vous ! » Le regard des soldats se posa lourdement sur moi avec une intensité douloureuse, comme un regard de chat mort. Leurs membres se raidirent. Les mains qui serraient les fusils étaient blanches, exsangues : la peau, flasque, pendait au bout des doigts comme la peau d'un gant trop large.

Le colonel Palese commença à parler. Il dit : « Je vous présente votre nouveau capitaine... » et tandis qu'il parlait je regardais ces soldats italiens vêtus d'uniformes enlevés aux cadavres anglais, ces mains exsangues, ces lèvres pâles, ces yeux blancs. Ça et là, sur la poitrine, sur le ventre, sur les jambes, leurs uniformes étaient semés de noires taches de sang. Tout à coup je m'aperçus avec effroi que ces soldats étaient morts. Ils exhalaient une pâle odeur d'étoffe moisie, de cuir pourri, de chair desséchée au soleil. Je regardai le colonel Palese : lui aussi était mort. La voix qui sortait de ses lèvres était humide, froide, gluante, comme ces horribles gargouillements qui sortent de la bouche d'un mort si on lui appuie une main sur l'estomac.

« Ordonnez le repos », dit au sergent le colonel Palese dès qu'il eut achevé son bref discours. « Compagnie, repos ! » cria le sergent.

Les soldats s'abandonnèrent sur leur pied gauche dans une attitude molle et lasse. Ils me regardèrent fixement, d'un regard plus doux, plus lointain.

« Et maintenant, dit le colonel Palese, votre nouveau capitaine va vous parler. »

J'ouvris les lèvres, mais ce fut un gargouillement horrible qui me sortit de la bouche : des paroles sourdes, obèses, flasques. Je dis : « Nous sommes les volontaires de la Libération, les soldats de la nouvelle Italie. Nous devons combattre les Allemands, les chasser hors de chez nous, les rejeter au-delà de nos frontières. Les yeux de tous les Italiens sont fixés sur nous. Nous devons relever notre drapeau tombé dans la boue, nous devons servir d'exemple à tous au milieu d'une si grande honte, nous devons nous montrer dignes de l'heure présente, de la tâche que la patrie nous confie. »

Quand j'eus fini de parler, le colonel Palese dit aux soldats : « Maintenant l'un d'entre vous va répéter ce qu'a dit votre capitaine. Je veux être sûr que vous avez compris. Toi, dit-il en désignant un soldat, répète ce qu'a dit votre capitaine. »

Le soldat me regarda. Il était pâle, il avait les lèvres exsangues et fines des morts. Avec un borborygme horrible dans la voix, il dit lentement : « Nous devons nous montrer dignes des hontes de l'Italie. »

Le colonel Palese s'approcha de moi, me dit à voix basse : « ils ont compris », et s'éloigna en silence. Sous son aisselle gauche, une tache noire de sang semblai peu à peu s'élargir sur le drap de l'uniforme. Je regardais cette noire tache de sang s'élargir peu à peu, je suivais des yeux ce vieux colonel italien vêtu de l'uniforme d'un Anglais mort, je le regardais s'éloigner lentement en faisant craquer les chaussures d'un soldat anglais mort, et le nom Italie puait dans ma bouche comme un morceau de viande pourrie..."

Kurzio MALAPARTE - La Peau



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