Le Trochiscanthe nodiflore [TN]

n°478 (2015-29)

mardi 28 juillet 2015

"Lettre hebdomadaire" du site "Rencontres Sauvages"
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Claudio MONTEVERDI - Zefiro Torna

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"Nurseries"
des cabris de Chamois et
des jeunes Mésanges à longue queue...

La Cluse et Mijoux, Lac de Saint-Point (Haut-Doubs)
jeudi 4 et samedi 6 juin 2015

Chamois femelle et son cabri
La Cluse et Mijoux (Haut-Doubs)

jeudi 4 juin 2015

La Cluse et Mijoux (Haut-Doubs)
jeudi 4 juin 2015

La Cluse et Mijoux (Haut-Doubs)
jeudi 4 juin 2015

Une autre femelle
La Cluse et Mijoux (Haut-Doubs)

jeudi 4 juin 2015

Allaitement
La Cluse et Mijoux (Haut-Doubs)

jeudi 4 juin 2015

Jeune chamois (deux ou trois ans),
à l'aplomb de la Route Nationale...
La Cluse et Mijoux (Haut-Doubs)

jeudi 4 juin 2015

Rencontre avec un cabri
La Cluse et Mijoux (Haut-Doubs)

jeudi 4 juin 2015

La Cluse et Mijoux (Haut-Doubs)
jeudi 4 juin 2015

4 cabris
La Cluse et Mijoux (Haut-Doubs)

jeudi 4 juin 2015


Sieste
La Cluse et Mijoux (Haut-Doubs)

jeudi 4 juin 2015

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La Cluse et Mijoux (Haut-Doubs)
jeudi 4 juin 2015

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<pas de son...>
La Cluse et Mijoux (Haut-Doubs)
jeudi 4 juin 2015

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<pas de son...>
La Cluse et Mijoux (Haut-Doubs)
jeudi 4 juin 2015

<image recadrée>
La Cluse et Mijoux (Haut-Doubs)

jeudi 4 juin 2015

Jeune Mésange à longue queue
Lac de Saint-Point (Haut-Doubs)

samedi 6 juin 2015

On reconnait les jeunes au cercle rouge autour de l'oeil...
Lac de Saint-Point (Haut-Doubs)

samedi 6 juin 2015

Accrobatie
Lac de Saint-Point (Haut-Doubs)

samedi 6 juin 2015

Deux Jeunes Mésanges à longue queue et un adulte (en bas)
Lac de Saint-Point (Haut-Doubs)

samedi 6 juin 2015
<image recadrée>

Nourrissage d'une jeune Mésange à longue queue
l'adulte, à droite, vient de donner une chenille à son petit
Lac de Saint-Point (Haut-Doubs)

samedi 6 juin 2015
<image recadrée>

Mésange à longue queue (adulte)
Lac de Saint-Point (Haut-Doubs)

samedi 6 juin 2015


Le cercle rouge
Lac de Saint-Point (Haut-Doubs)
samedi 6 juin 2015

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Jeune Mésange à longue queue
Lac de Saint-Point (Haut-Doubs)

samedi 6 juin 2015

Jeune Mésange à longue queue s'étirant
Lac de Saint-Point (Haut-Doubs)

samedi 6 juin 2015

Jeune Mésange à longue queue à sa toilette
Lac de Saint-Point (Haut-Doubs)

samedi 6 juin 2015

Jeune Mésange à longue queue se grattant
Lac de Saint-Point (Haut-Doubs)

samedi 6 juin 2015



Suggestion de lecture :

"La campagne. Toute ma vie, j'aurai vécu dans la ville, ivre des marbres qui pavent le vestibule de mon domicile, du tapis rouge qui y feutre les pas et les sentiments, des verres de Delft qui en ornent la cage d'escalier et des boiseries luxueuses qui tapissent discrètement ce petit boudoir précieux que l'on appelle ascenseur. Chaque jour, chaque semaine, revenu de mes repas provinciaux, je réintégrais l'asphalte, le vernis distingué de ma résidence bourgeoise, j'enfermai ma soif de verdure entre quatre murs écrasés de chefs-d'oeuvre et j'oubliais toujours un peu plus que je suis né pour les arbres. La campagne... Ma cathédrale verte... Mon coeur y aura chanté ses plus fervents cantiques, mon oeil y aura appris les secrets du regard, mon goût les saveurs du gibier et du potager et mon nez l'élégance des parfums. Car malgré son antre nauséabond, tante Marthe possédait un trésor. J'ai rencontré les plus grands spécialistes de tout ce qui touche, de près ou de loin, au monde de la saveur. Qui est cuisinier ne peut l'être pleinement que par la mobilisation de ses cinq sens. Un mets doit être un régal pour le regard, l'odorat, le goût bien sûr – mais aussi le toucher, qui oriente le choix du chef dans tant d'occasions et joue son rôle dans la fête gastronomique. Il est vrai que l'ouïe semble un peu en retrait de la valse ; mais manger ne se fait pas en silence, non plus que dans le vacarme, tout son qui interfère avec la dégustation y participe ou la contrarie, de telle sorte que le repas est résolument kinesthésique. Je fus ainsi souvent amené à festoyer avec quelques experts en senteur, alléchés par les fumets échappés des cuisines après l'avoir été par ceux qui émigrent des fleurs.

Aucun, jamais, n'égalera en finesse le nez de tante Marthe. Car la vieille haridelle était un Nez, un vrai, un grand, un immense Nez qui s'ignorait mais dont la sensibilité inouïe n'aurait souffert, s'il s'en était présenté, aucune concurrence. Ainsi, cette femme fruste, presque analphabète, ce rebut d'humanité dardant sur son entourage des relents de pourriture, avait dessiné un jardin aux effluves de paradis. Dans un savant enchevêtrement de fleurs sauvages, de chèvrefeuille, de roses anciennes à la teinte fanée savamment entretenue, un potager saupoudré de pivoines éclatantes et de sauge bleue s'enorgueillissait des plus belles laitues de la région. Des cascades de pétunias, des bosquets de lavande, quelques buis inaltérables, une glycine ancestrale au fronton de la maison : de ce fouillis orchestré se dégageait le meilleur d'elle-même que ni la saleté, ni les exhalations fétides, ni le sordide d'une existence consacrée à la vacuité ne parvenaient à ensevelir. Combien de vieilles femmes à la campagne sont ainsi douées d'une intuition sensorielle hors du commun, qu'elles mettent au service du jardinage, des potions aux herbes ou des ragoûts de lapin au thym et, génies méconnus, meurent tandis que leur don aura été ignoré de tous – car nous ne savons pas, le plus souvent, que ce qui nous paraît si anodin et si dérisoire, un jardin chaotique au coeur de la campagne, peur relever de la plus belle des oeuvres d'art. Dans ce rêve de fleurs et de légumes, j'écrasais sous mes pieds brunis l'herbe sèche et touffue du jardin et je m'enivrais des parfums.

Et d'abord de celui des feuilles de géranium que, couché à plat ventre parmi les tomates et les petits pois, je froissais entre mes doigts en me pâmant de plaisir : une feuille à la légère acidité, suffisamment pointue dans son insolence vinaigrée mais pas assez pour ne pas évoquer, en même temps, le citron confit à l'amertume délicate, avec un soupçon de l'odeur aigre des feuilles de tomate, dont elles conservent à la fois l'impudence et le fruité ; c'est cela qu'exhalent les feuilles de géranium, c'est cela dont je me saoulais, le ventre contre la terre du potager et la tête dans les fleurs où je fourrais mon nez avec la concupiscence des affamés. Ô magnifiques souvenirs d'un temps où j'étais le souverain d'un royaume sans artifices... Par bataillons, légions rouges, blanches ou jaunes ou roses, se remplumant tous les ans de nouvelles recrues jusqu'à devenir armée aux rangs solidaires, les oeillets se dressaient fièrement aux quatre coins de la cour et, par un miracle inexpliqué, ne s'affaissaient pas sous le poids de leurs tiges trop longue mais la surmontaient crânement de cette curieuse corolle ciselée, incongrue en sa configuration serrée et renfrognée et qui diffusait alentour une fragance poudrée, de celles que répandent les belles qui vont le soir au bal...

Surtout il y avait le tilleul, immense et dévorant...Aux heures les plus chaudes de l'été, son ombrage importun offrait la plus odorante des tonnelles. Je m'asseyais sur le petit banc de bois vermoulu, contre le tronc, et j'aspirais à grandes goulées avides l'odeur de miel pur et velouté qui s'échappait de ses fleurs d'or pâle. Un tilleul qui embaume dans la fin du jour, c'est un ravissement qui s'imprime en nous de manière indélébile et, au creux de notre joie d'exister, trace un sillon de bonheur que la douceur d'un soir de juillet à elle seule ne saurait expliquer. A humer à pleins poumons, dans mon souvenir, un parfum qui n'a plus effleuré mes narines depuis longtemps déjà, j'ai compris enfin ce qui en faisait l'arôme ; c'est la connivence du miel et de l'odeur si particulière qu'ont les feuillesdes arbres, lorsqu'il a fait chaud longtemps et qu'elles sont empreintes de la poussière des beaux jours, qui provoque ce sentiment, absurde mais sublime, que nous buvons dans l'air un concentré de l'été. Ah, les beaux jours ! Le corps libre des entraves de l'hiver éprouve enfin la caresse de la brise sur sa peau nue, offerte au monde auquel elle s'ouvre démesurément dans l'extase d'une liberté retrouvée... Dans l'air immobile, saturé du bourdonnement d'insectes invisibles, le temps s'est arrêté... Les peupliers, le long des chemins de halage, chantent aux alizés une mélodie de bruissements verdoyants, entre lumière et ombre chatoyante... Une cathédrale, oui, une cathédrale de verdure éclaboussée de soleil m'environne de sa beauté immédiate et claire... Même le jasmin, à la tombée de la nuit, dans les rue de Rabat, ne sera pas parvenu à une telle puissance d'évocation... Je remonte le fil d'une saveur attachée au tilleul... Bercement langoureux des rameaux, une abeille butine à la lisière de ma vision... Je me souviens..."


Muriel BARBERY - Une Gourmandise



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