Le Trochiscanthe nodiflore [TN] n°414 (2014-15)

Mardi 22 avril 2014

"Lettre hebdomadaire" du site "Rencontres Sauvages"
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  Haendel -
Oratorio de la Résurrection HWV 47
"Per me già di morire"

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Premières fleurs

Anémone syvie, Crocus, Hépatique, Jonquille...
Haut-doubs et
Suisse

  février, mars et avril 2014

Noisetier (châtons : fleurs mâles)
Courvières (Haut-Doubs)
mardi 25 février 2014

Ombellifère
Courvières (Haut-Doubs)

mardi 25 février 2014

Epicéa
Courvières (Haut-Doubs)

mardi 25 février 2014

Epicéa II
Courvières (Haut-Doubs)

mardi 25 février 2014

Hêtre
Courvières (Haut-Doubs)

mardi 25 février 2014

Crocus (cultivés)
La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs), jardin "de curé"

samedi 8 mars 2014

Perce-neige
La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs), jardin "de curé"
samedi 8 mars 2014

La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs), jardin "de curé"
samedi 8 mars 2014

La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs), jardin "de curé"
samedi 8 mars 2014

Linaire cymbalaire ou Ruine de Rome
La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs), jardin "de curé"

dimanche 16 mars 2014

Bois-joli - Daphne mezereum
La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs), jardin "de curé"

dimanche 16 mars 2014

Noisetier (fleur femelle)
Bouverans (Haut-Doubs)
dimanche 16 mars 2014

Sureau sp.
Bouverans (Haut-Doubs)
dimanche 16 mars 2014

Pervenche - Vinca major
Bouverans (Haut-Doubs)

dimanche 16 mars 2014

Pervenche (en bouton)
Bouverans (Haut-Doubs)
dimanche 16 mars 2014

Bouverans (Haut-Doubs)
dimanche 16 mars 2014

Tussilage - Tussilago farfara
Courvières (Haut-Doubs)
  dimanche 16 mars 2014

Premier papillon (Petite Tortue) sur des châtons de Saule
Bouverans (Haut-Doubs)
dimanche 16 mars 2014

Dans les Roseaux - Phragmites australis
Champ-Pittet, Yverdon (Suisse)

samedi 29 mars 2014

Cornouiller mâle en fleurs
Champ-Pittet, Yverdon (Suisse)

  samedi 29 mars 2014

Cornouiller mâle (fleurs)
Champ-Pittet, Yverdon (Suisse)

  samedi 29 mars 2014

Anémone sylvie - Anemone nemorosa
Champ-Pittet, Yverdon (Suisse)

samedi 29 mars 2014

Champ-Pittet, Yverdon (Suisse)
  samedi 29 mars 2014

Primevère acaule - Primula vulgaris
Champ-Pittet, Yverdon (Suisse)

  samedi 29 mars 2014

Champ-Pittet, Yverdon (Suisse)
  samedi 29 mars 2014

Anémone sylvie
Champ-Pittet, Yverdon (Suisse)

samedi 29 mars 2014

Champ-Pittet, Yverdon (Suisse)
  samedi 29 mars 2014

Feuille de Hêtre
Champ-Pittet, Yverdon (Suisse)

  samedi 29 mars 2014

Champ-Pittet, Yverdon (Suisse)
  samedi 29 mars 2014

Crocus - Crocus vernus
La Cluse et Mijoux (Haut-Doubs)

dimanche 30 mars 2014

Primevère sp.
(officinale ou élevée ?)
La Cluse et Mijoux (Haut-Doubs)

dimanche 30 mars 2014

La Cluse et Mijoux (Haut-Doubs)
dimanche 30 mars 2014

Anémone sylvie
La Cluse et Mijoux (Haut-Doubs)

dimanche 30 mars 2014

La Cluse et Mijoux (Haut-Doubs)
dimanche 30 mars 2014

Pâquerette - Bellis perennis
La Cluse et Mijoux (Haut-Doubs)
dimanche 30 mars 2014

La Cluse et Mijoux (Haut-Doubs)
dimanche 30 mars 2014

Hellebore fétide - Helleborus foetidus
La Cluse et Mijoux (Haut-Doubs)

dimanche 30 mars 2014

Anémone sylvie
La Cluse et Mijoux (Haut-Doubs)

dimanche 30 mars 2014

La Cluse et Mijoux (Haut-Doubs)
dimanche 30 mars 2014

La Cluse et Mijoux (Haut-Doubs)
dimanche 30 mars 2014

Hépatique à trois lobes - Hépatica nobilis
La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs), jardin "de curé"

dimanche 6 avril 2014



Jonquille - Narcissus pseudonarcissus
La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs), jardin "de curé"
dimanche 6 avril 2014


Hépatique à trois lobes

La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs), jardin "de curé"

dimanche 6 avril 2014

Frêne
Lac de Saint-Point (Haut-Doubs)

samedi 12 avril 2014

Rosée dans l'herbe
Lac de Saint-Point (Haut-Doubs)

samedi 12 avril 2014


Grande Angélique - Angelica archangelica
Lac de Saint-Point (Haut-Doubs)

samedi 12 avril 2014

Reflet de Phragmites
Lac de Saint-Point (Haut-Doubs)

samedi 12 avril 2014

Primevère sp.
Lac de Saint-Point (Haut-Doubs)

samedi 12 avril 2014

Rosée et contre-jour
Lac de Saint-Point (Haut-Doubs)

samedi 12 avril 2014

Creux du Van (Suisse)
  dimanche 13 avril 2014

Bois-gentil (nom suisse du Bois-joli !)
Creux du Van (Suisse)

  dimanche 13 avril 2014

Primevère sp.
Creux du Van (Suisse)

dimanche 13 avril 2014


Drave faux-aïzoon - Draba aizoides
Creux du Van (Suisse)

  dimanche 13 avril 2014

Creux du Van (Suisse) 
dimanche 13 avril 2014

Champ de Crocus
Creux du Van (Suisse)

  dimanche 13 avril 2014

Hêtre
Creux du Van (Suisse)

dimanche 13 avril 2014

Crocus (violet, plus rare que les fleurs blanches...)
Creux du Van (Suisse)

dimanche 13 avril 2014

Creux du Van (Suisse)
  dimanche 13 avril 2014

Crocus (blanc)
Creux du Van (Suisse)

dimanche 13 avril 2014

Prunellier en fleurs
Bouverans (Haut-Doubs)

samedi 19 avril 2014

Bouverans (Haut-Doubs)
samedi 19 avril 2014

Anémone sylvie (sous la pluie !)
Bouverans (Haut-Doubs)

samedi 19 avril 2014
<image recadrée>

Bouverans (Haut-Doubs)
samedi 19 avril 2014

Cardamine des prés - Cardamine pratensis
Bouverans (Haut-Doubs)

samedi 19 avril 2014

Fruit (précoce !) du Pissenlit, sous la pluie
Bouverans (Haut-Doubs)
samedi 19 avril 2014

Jonquille (contre-jour)
La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs), jardin "de curé"
dimanche 20 avril 2014

Papillon (?) au repos sur le fruit du Tussilage
Courvières (Haut-Doubs)

dimanche 20 avril 2014

Gentiane printanière - Gentiana verna
Courvières (Haut-Doubs)
dimanche 20 avril 2014

Courvières (Haut-Doubs)
dimanche 20 avril 2014




Petit texte :


"Eblouis par tant d'inventions, et si merveilleuses, les gens de Macondo ne savaient pas par où commencer à s'étonner. Ils passaient des nuits blanches à contempler les pâles ampoules alimentées par un groupe électrogène qu'avait rapporté Auréliano le Triste du second voyage effectué par le train, et à l'obsédant teuf teuf auquel on s'habitua à la longue, péniblement. Ils furent indignés par les vivantes images que le riche commerçant qu'était devenu don Bruno Crespi projetait dans le théâtre aux guichets en gueules de lion, à cause d'un personnage mort et enterré dans un certain film, sur le malheur duquel on versa des larmes amères, et qui reparut, bien vivant et métamorphosé en arabe dans le film suivant. Le public, qui payait deux centavos pour partager les retours d'infortune des personnages, ne put supporter cette inqualifiable moquerie et brisa tous les sièges. Le maire, cédant aux instances de don Bruno Crespi, dut faire expliquer par l'annonceur public que le cinéma n'était qu'une machine à illusion, laquelle ne méritait pas ces débordements passionnels du public. A la suite de cette décevante explication, beaucoup estimèrent qu'ils avaient été victimes d'une nouvelle et spectaculaire affaire de gitans, si bien qu'ils choisirent de ne plus remettre les pieds au cinéma, considérant qu'ils avaient assez de leurs propre peines pour aller encore pleurer sur les malheurs d'être imaginaires. Il se produisit quelque chose d'analogue avec les phonographes à cylindres apportés par les gaies matrones de France en remplacement des vieux orgues de Barbarie, et qui, pendant un certain temps, portèrent si gravement préjudice à l'orchestre des musiciens. Au début, la curiosité multiplia la clientèle du quartier réservé, et l'on sut même que de très respectables dames se déguisaient en gens du peuple pour aller voir de plus près cette nouveauté du phonographe, mais les gens l'examinèrent tant et si bien, et de si près, qu'ils en arrivèrent très vite à la conclusion qu'il ne s'agissait pas de moulins à sortilèges, comme tout le monde pensait et que l'affirmaient les matrones, mais d'une vulgaire mécanique qui ne pouvait se comparer avec quelque chose d'aussi émouvant, d'aussi humain, d'aussi chargé de vérité quotidienne qu'un orchestre de musiciens. Cette désillusion fut si profonde qu'à l'époque où l'usage des phonographes se répandit dans le peuple au point qu'on en rencontrât dans chaque maison, on ne put se résoudre à les considérer comme des objets servant au divertissement des adultes, mais tout juste bons à être démantibulés par les enfants. En revanche, le jour où quelqu'un du village eut l'occasion de vérifier la réalité palpable du téléphone installé dans la gare du chemin de fer, et bien qu'on le prît, à cause de la manivelle, pour une version rudimentaire du phonographe, même les plus incrédules se trouvèrent déconcertés. C'était comme si Dieu avait résolu de mettre à l'épreuve leur faculté de s'étonner et voulait maintenir les habitants de Macondo dans ce perpétuel va-et-vient entre le plaisir et le désenchantement, le doute et la révélation, tant et si bien qu'à la limite, nul ne savait déjà plus de science certaine où commençait et où finissait la réalité. Ces vérités et ces illusions mêlées faisaient un tel salmigondis que le spectre de José Arcadio Buendia, sous le châtaignier, fut pris de convulsions d'impatience et se trouva contraint d'arpenter la maison même en plein jour. Dès lors que le chemin de fer fut inauguré officiellement, qu'il commença d'arriver régulièrement tous les mercredis à onze heures et qu'on eut édifié une baraque de planches servant de gare avec bureau, téléphone et guichet pour vendre les billets, on vit les rues de Macondo sillonnées par des hommes et des femmes qui feignaient de se comporter communément, comme les gens ordinaires, mais qui, en réalité, avaient l'air de gens de cirque. Ces équilibristes du petit commerce ambulant, qui, avec la même volubilité, vous proposaient une marmite siffleuse ou un régime de vie pour le salut de l'âme au septième jour, n'avaient rien de bon à attendre d'un village déjà échaudé par l'expérience des gitans ; mais, entre ceux qui se laissaient persuader de guerre lasse et les perpétuels naïfs, ils se faisaient des bénéfices considérables. Un mercredi comme les autres, parmi tous ces personnages de bateleurs en culotte de cheval et houseaux, avec leur chapeau de liège, leurs lunettes à monture d'acier, leurs yeux topaze et leur peau de chapon fin, débarqua à Macondo et vint déjeuner à la maison le souriant et replet Mr. Herbert.

A table, nul ne le remarqua tant que ne fut pas entamé le premier régime de bananes. Aureliano le Second était tombé sur lui par hasard ; l'homme protestait dans un espagnol laborieux parce qu'il ne restait plus une chambre libre à l'Hôtel de Jacob et, comme il le faisait souvent avec nombre d'étrangers, Aureliano l'avait emmené à la maison. Il faisait commerce de ballons captifs qu'il avait colportés dans une foule de pays avec de très substantiels profits, mais il n'avait convaincu personne, à Macondo, de s'élever dans les airs, car on considérait cette invention comme une régression par rapport aux tapis volants des gitans qu'on avait déjà eu l'occasion de voir et d'essayer. Il repartait donc par le prochain train. Lorsqu'on servit à table le régime de bananes tigrées qu'on suspendait parfois dans la salle à manger à l'heure du déjeuner, il détacha le premier fruit sans grand enthousiasme. Mais, tout en parlant, il continua à manger, savourant, mastiquant, avec une distraction d'intellectuel plutôt que l'air de se régaler du gros mangeur, puis, venu à bout du premier régime, il supplia qu'on lui en apportât un second. Il sortit alors de la boîte à outils qui ne le quittait jamais un petit étui contenant des instruments d'optique. Avec l'attention perplexe d'un courtier en diamants, il examina scrupuleusement un banane, la sectionnant avec un bistouri spécial, pesant chacun des morceaux sur un trébuchet de pharmacien et calculant leur diamètre avec une jauge d'armurier. Puis il sortit de la boîte une série d'instruments avec lesquels il mesura la température, le degré hygrométrique de l'atmosphère et l'intensité de la lumière. Tout le monde était si intrigué par cette cérémonie que Mr. Herbert finît par rendre quelque jugement révélateur, mais il ne dit rien qui permît d'avoir même une légère idée de ses intentions..."

Gabriel Garcia MARQUEZ - Cent ans de solitude




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