Le Trochiscanthe nodiflore [TN]

n°1047 (2026-42)

mardi 20 octobre 2026

"Lettre hebdomadaire" du site "Rencontres Sauvages"
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ROSSINI - Guillaume Tell - Sombre forêt

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À la forêt de Gastine

Couché sous tes ombrages vers
Gastine, je te chante
Autant que les Grecs par leurs vers
La forest d’Erymanthe.
Car malin, celer je ne puis
A la race future
De combien obligé je suis
A ta belle verdure :
Toy, qui sous l’abry de tes bois
Ravy d’esprit m’amuses,
Toy, qui fais qu’à toutes les fois
Me respondent les Muses :
Toy, par qui de ce meschant soin
Tout franc je me délivre.
Lors qu’en toy je me pers bien loin.
Parlant avec un livre.
Tes bocages soient tousjours pleins
D’amoureuses brigades,
De Satyres et de Sylvains,
La crainte des Naiades.
En toy habite désormais
Des Muses le college.
Et ton bois ne sente jamais
La flame sacrilège.

Pierre de RONSARD, Les Odes



 
Dernières fleurs de l'été
Azurés et Cuivrés au jardin

Frasne, Bouverans,
Courvières (Haut-Doubs), Champ-Margot
septembre 2026



Campanule sp.
Frasne (Haut-Doubs)
vendredi 4 septembre 2026




Citron sur une fleur de Knautie
Frasne (Haut-Doubs)
vendredi 4 septembre 2026



Sympetrum rouge sang femelle
Frasne (Haut-Doubs)
vendredi 4 septembre 2026

Vergerette annuelle
Frasne (Haut-Doubs)
vendredi 4 septembre 2026



Prunelles
Frasne (Haut-Doubs)
vendredi 4 septembre 2026



Abeilles domestiques
sur une fleur de Succise

Frasne (Haut-Doubs)
vendredi 4 septembre 2026



Succise des prés
Frasne (Haut-Doubs)
vendredi 4 septembre 2026

Colchique
Bouverans (Haut-Doubs)
vendredi 4 septembre 2026

Galeopsis à feuille étroite
Bouverans (Haut-Doubs)
vendredi 4 septembre 2026



Inule à feuille de Saule
Bouverans (Haut-Doubs)
vendredi 4 septembre 2026



Abeille domestique
Bouverans (Haut-Doubs)
vendredi 4 septembre 2026




Azuré sp. sur une fleur de Bourrache
Courvières (Haut-Doubs), Champ-Margot
dimanche 6 septembre 2026



Abeille domestique sur une fleur de Bourrache
Courvières (Haut-Doubs), Champ-Margot
dimanche 6 septembre 2026


Azuré sp. sur une fleur de Bourrache
Courvières (Haut-Doubs), Champ-Margot
dimanche 6 septembre 2026

Azuré sp. (mâle) sur une fleur de Bourrache
Courvières (Haut-Doubs), Champ-Margot
dimanche 6 septembre 2026



Mésange bleue
Courvières (Haut-Doubs), Champ-Margot
samedi 12 septembre 2026



Azuré sp. sur une fleur de Bourrache
Courvières (Haut-Doubs), Champ-Margot
samedi 19 septembre 2026



Azuré sp. (Bel-Argus femelle - Azuré bleu-céleste femelle ?)
sur une fleur de Bourrache

Courvières (Haut-Doubs), Champ-Margot
samedi 19 septembre 2026



Azuré sp. sur une fleur de Bourrache
Courvières (Haut-Doubs), Champ-Margot
samedi 19 septembre 2026

Azuré sp. sur une fleur de Bourrache
Courvières (Haut-Doubs), Champ-Margot
samedi 19 septembre 2026

Cuivré commun sur une fleur de Seneçon jacobée
Courvières (Haut-Doubs), Champ-Margot
dimanche 20 septembre 2026



Cuivré commun sur une fleur de Seneçon jacobée
Courvières (Haut-Doubs), Champ-Margot
dimanche 20 septembre 2026



Cuivré commun sur une fleur de Seneçon jacobée
Courvières (Haut-Doubs), Champ-Margot
dimanche 20 septembre 2026



Géranium colombin
Courvières (Haut-Doubs), Champ-Margot
dimanche 20 septembre 2026



Trèfle
Courvières (Haut-Doubs), Champ-Margot
dimanche 20 septembre 2026



Linaire commune
Courvières (Haut-Doubs), Champ-Margot
dimanche 20 septembre 2026

Linaire commune
Courvières (Haut-Doubs), Champ-Margot
dimanche 20 septembre 2026

 


Suggestion de lecture :

"- Pose ton sabre, dit le maître. Aujourd'hui, je vais t'enseigner le thé.

Ibuki soupira en silence, mais fit ce que lui demandait le vieille homme. Ils ne prirent pas place sur la natte couleur de blé. Le breuvage se buvait à l'intérieur, mais s'enseignait à l'extérieur.

Ils suivirent ainsi le chemin du sud, celui qui menait vers les prairies.

  • Tu crois sans doute que le thé est insignifiant, car ce n'est en fin de compte qu'une tasse d'eau chaude. Mais tu te trompes. Le thé est avant tout un voyage. Un voyage merveilleux pour celui qui sait l'écouter. Il suffit de quelques braises, deux ou trois feuilles, et un ami avec qui le boire. Le thé, vois-tu, c'est le possible dans un monde impossible. La douceur dans le bruit. Il dévoile la fragilité de nos êtres. Et celle de l'instant. La première tasse que tu portes à tes lèvres révèle son parfum, fort comme la vie. La deuxième te permet de savourer le thé lui-même, doux comme l'amour. Tandis que la troisième, ah la troisième, elle te transportera dans le royaume des immortels !

Ibuki écoutait sans trop comprendre. A quoi bon pouvait lui servir tout cela ? Elle ne rêvait pas de tranquillité, mais d'action. Elle ne cherchait pas l'harmonie, mais l'honneur. C'était pourtant un beau jour d'été. Ils traversaient un champ de riz vert et le bruit du vent était frais.

Maître Sohô était intarissable.

  • Tous tes sens sont en action. Les feuilles que tu touches et que tu humes. Le thé que tu goûtes et dont tu aimes contempler le nuage de vapeur qui s'en échappe.

  • Et l'ouïe ? Se risqua Ibuki.

  • Ah, l'ouïe... Tu crois peut-être que le thé s'en moque ? Ecoute un peu...

Elle tendit l'oreille. Et perçu un chant lointain.

Quelques instants plus tard, ils firent face à d'immenses plantations de thé, avec leurs rangées sans fin de buissons touffus et verdoyants. Et au milieu, une vingtaine de cueilleuses... qui chantaient.

Toutes avaient revêtu un kimono rouge et un élégant chapeau de paille.

  • Regarde. Certaines portent des gants en soie et des ciseaux d'or. Elles ne prélèvent que les bourgeons recouverts d'un léger duvet blanc. Cette récolte sera la plus fine et la plus savoureuse. Celle réservée à l'empereur.

Leur chant était pareil à un thé fumant : intense et mélodieux.

Ibuki oublia un moment le but de sa quête.

Les ciseaux d'or reflétaient les rayons du soleil encore tièdes du soleil. Et le chant des jeunes femmes – comme une mer immense – berçait la vallée.

Tout était calme et paisible. En paix.



Maître Sohô parla longuement du thé. Jusqu'à la nuit noire.

Ils retournèrent à Okazaki guidés par les étoiles et une lune parfaitement pleine. Devant la maison, ils retirèrent leurs sandales en paille.

Peu après, la bouilloire sifflait.

  • Ce soir tu vas goûter un thé étrange. Ce ne sont pas des feuilles que l'on mélange à l'eau, mais de la poudre.

Le maître ouvrit une petite boîte ronde, opaque et étanche, sur laquelle était dessiné un grand soleil.

  • Ce thé a horreur de la lumière, de l'humidité et encore plus de l'impureté de l'air.

La poudre était d'une finesse extrême et d'un vert lumineux. On aurait dit de la poussière de jade. Le maître jeta délicatement une pincée dans chaque bol et referma aussitôt la boîte. Il versa lentement l'eau à ébullition. Puis saisit un fouet en bambou et mélangea le tout. Quand une légère mousse apparut, il demanda à son élève de fermer les yeux.

  • A présent, goûte.

La première gorgée fut amère et corsée. La deuxième, plus crémeuse, avait un léger goût de noisette. Quand Ibuki but la troisième, elle ne put s'empêcher d'ouvrir les yeux. C'était frais, sucré, et divin ! Comme si un plant entier de thé avait trempé dans sa tasse.

  • C'est avec cette poudre verte que l'on fait la cérémonie du thé. Les feuilles sont cueillies sur des théiers de plus de cent ans, puis broyées selon un procédé très ancien. On nomme ce thé, matcha. Avec le gyokuro c'est le plus savoureux du monde.

Le maître but à son tour et tourna ensuite son visage radieux vers Ibuki.

  • Dis-moi ce que tu ressens.

  • C'est difficile à dire, répondit-elle... peut-être... une certaine...

  • Oui ?

  • Sérénité.

  • C'est cela, exactement. Le thé n'existe que pour nous faire oublier le fracas du monde ! A l'intérieur, la quiétude. A l'extérieur, la fournaise. Voilà pourquoi la matcha et le gyokuro ne sortent pas de notre île. Nous les conservons, l'un et l'autre, jalousement pour nous. Les étrangers n'y ont pas accès. Cela reviendrait à donner des pièces d'or à un âne.

Ibuki sourit.

Puis ils finirent leur bol en silence. Se jetant de temps à autre un regard du coin de l'oeil, chacun à sa place, comblés.

Dehors, la lune était une immense boule de fraîcheur.

  • Le jour de ton arrivée, poursuivit le vieille homme en posant sa tasse, je t'ai dit que le sabre et le thé avaient le même goût. T'en souviens-tu ?

  • Oui.

  • Pour être honnête, ce n'est pas tout à fait exact. Certes, il faut connaître les deux arts pour vaincre. Mais le sabre, vois-tu, est synonyme de ruine, de mort... Tandis que le thé est l'opposé. Il est l'image de la vie.

Ibuki hocha imperceptiblement la tête.

  • Le premier c'est la guerre, le sang, la souffrance. Vois toutes les cicatrices que je porte.

Et en disant cela maître Sohô écarta les deux pans de son kimono.

  • Le second, au contraire, c'est la chaleur, la beauté, la paix.

Il y eut un bref silence, puis le vieille homme ajouta, comme s'il avait gardé cette phrase trop longtemps en lui :

  • Crois en mon expérience, le sabre ne t'apportera rien de bon. Alors que le thé... oh oui, le thé..."


Cyril GELY - Le dernier thé de maître Sohô


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