Le Trochiscanthe nodiflore [TN]
n°1042 (2026-37)
mardi
15 septembre 2026
"Lettre hebdomadaire" du site "Rencontres
Sauvages"
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![]() Moment d'Aube Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 samedi 1er août 2026 ![]()
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 samedi 1er août 2026 ![]()
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 samedi 1er août 2026
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 samedi 1er août 2026
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 samedi 1er août 2026
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 samedi 1er août 2026 ![]()
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Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 samedi 1er août 2026
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 dimanche 2 août 2026
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Jeune Renard se
grattant (loin !)
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 dimanche 2 août 2026
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Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 lundi 3 août 2026 ![]() ![]() ![]() ![]() Jeune Bergeronnette grise Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 lundi 3 août 2026 ![]() ![]() Chardonneret élégant adulte Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 lundi 3 août 2026 ![]() Verdier d'Europe Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 lundi 3 août 2026 ![]() ![]() ![]() ![]()
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![]() ![]() ![]() ![]() Jeune Rougequeue noir Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 lundi 3 août 2026 ![]() ![]() ![]()
![]() ![]() ![]() ![]() ![]() Cirse vulgaire Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 lundi 3 août 2026 ![]() Verveine Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 lundi 3 août 2026 ![]()
9h51
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 lundi 3 août 2026 ![]() Moment d'Aube Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 mardi 4 août 2026 ![]() ![]() Jeune Rougequeue noir Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 mardi 4 août 2026 ![]()
Toilette (en
flou-filé) ![]() ![]() ![]() ![]() Depuis l'affût - 7h16 Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 mardi 4 août 2026 ![]() ![]() ![]() Jeune Bergeronnette grise Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 mardi 4 août 2026 ![]()
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 mardi 4 août 2026 ![]() ![]() ![]() Pigeon ramier adulte Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 mardi 4 août 2026 ![]() ![]() ![]() Buse variable Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 mardi 4 août 2026 ![]() ![]() ![]() Verdier d'Europe (jeune ?) Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 mardi 4 août 2026 ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() Mélitée du
plantain
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 mardi 4 août 2026 ![]() ![]() Virgule sur Cirse vulgaire Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 mardi 4 août 2026 ![]() La loge Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 mardi 4 août 2026 ![]() 9h25 Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 mardi 4 août 2026 |
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"Le prélude en do majeur de Jean-Sébastien Bach - « le Gros », comme l'appelle gentiment Christian Bobin dans La folle allure – est une pièce fabuleuse. Elle ne dure que deux minutes, mais raconte une histoire poignante à l'extrême. De plus, c'est un morceau quasiment pour débutants, assez facile d'exécution. Mais le génie de Bach et ce qui en fait une pièce exceptionnelle, c'est l'ordre dans lequel se déroulent les arpèges au fil des mesures. L'accumulation des tensions vous joue dans les tripes sans que vous sachiez trop pourquoi. La pièce, derrière son apparente simplicité, est une démonstration de génie de composition et de story-telling. Je parie que le Gros y a réfléchi pendant des mois. Elle ne comporte aucun artifice, pas de basses profondes à la main gauche, pas d'effets dramatiques, pas de fioritures et pas de sostenuto, puisqu'elle a été composée pour le clavecin, qui est dépourvu de pédales. Ce ne sont que des arpèges secs en continu, soit deux arpèges identiques par mesure. Mais ce qui tue, c'est l'histoire que ces arpèges racontent de par leurs sublimes enchaînements. Cette pièce, chaque fois que je l'écoute, me raconte quelque chose de ma vie. Mes tourments, mes difficultés, mes espoirs et mes déceptions, mais aussi mes quelques réussites. Parfois, j'y entends la journée que je viens de passer, ou alors mon année au complet. Je suis convaincu que n'importe qui peut voir quelque chose de sa vie là-dedans. Récemment, elle m'a fait penser à une naissance. La naissance de ma fille, Rose. Bach l'a-t-il composé pour sa femme, Anna Magdalena, sur le point d'accoucher d'un de leur vingt enfants, afin de la rassurer ? Pour lui dire que tout se passerait bien ? Ça se pourrait. Ecoutons Glenn Gould, le moins racoleur des pianistes, nous interpréter ce prélude du Clavier bien tempéré.
Mesures 1 à 4 Ça commence en do majeur avec seulement des do, des mi et des sol pour nous faire croire que ça sera très simple, léger comme une berceuse, que c'est dans la tonalité annoncée sur la couverture, sans altérations à la clé. Donc pas d'esbroufe pour le moment. Quelques notes bougent aux mesures 3 et 4, mais tout est encore très stable. Puis, on revient à la case départ à la mesure 4 : do majeur. Tout va bien, l'enfant flotte dans le liquide amniotique chaud à l'intérieur du ventre de sa mère. Il fait noir, mais on aime imaginer que c'est ambré et rassurant. Le bébé s'anime un peu, se réveille, il est à terme. Le monde extérieur l'appelle.
Mesure 5 et 6 Ça bouge un peu, positivement et avec confiance. C'est tranquille, mais il se passe des choses qui nous font penser que la situation n'en restera pas là. D'abord, un la perché en haut, à la mesure 5, et puis paf ! Un fa dièse à la mesure 6. Que veut nous dire le Gros ? Je n'y connais rien en accords, degrés et tout ça, mais ça suggère du mouvement du côté du fœtus. S'est-il retourné sur lui-même ? A-t-il bougé une épaule pour mieux s'engager ?
Mesures 7 à 9 Retour à une sorte de calme, de confiance, de rêverie innocente. Ici, le bébé évalue peut-être comment s'y prendre. Il relaxe un peu, s'interroge sur le meilleur chemin à emprunter, respire par le nez – même si ça n'est pas encore possible -, il prend son élan. D'ailleurs, les notes de la main droite sont identiques à 8 et 9 durant deux mesures, peut-être pour calmer le jeu un brin, prendre du recul. Le compositeur réitérera à 16 et 17 pour des raisons similaires. On vire pas un bébé sur un dix cennes comme ça, on y va par à-coups, il y a des hésitations, des pauses, des ajustements.
Mesures 10 et 11 Rien à signaler. On comble deux mesures pour préparer les tensions qui se dessinent. Jean-Seb ne s'est pas trop cassé le bicycle ici. Fallait juste que ça fitte dans son timeline, je pense.
Mesures 12 à 15 Quatre mesures intéressantes qui font deux fois de suite le même effet : tension à 12 et 14 à cause de notes un peu creepy placées là : si bémol + do dièse à 12 et la bémol + si à 14, puis détente à 13 et 15. ça envoie un petit sentiment d'agacement qui nous insécurise. Est-ce que le compositeur joue avec nos sentiments ? You bet ! Il nous montre l'emprise que la musique peut avoir sur notre psyché. Il nous annonce qu'il nous amène avec lui et qu'il ne va pas nous ménager. On sera seuls avec nous-mêmes, avec nos tristesses, nos ratés et nos regrets que l'on transporte sur nos épaules, chaque jour de nos vies.
Mesures 16 à 19 : D'autres mesures intéressantes, pleines de bien-être et de lumière agréable. Le bébé attache ses runnings, il va y aller, on le sent. C'est l'ultime apaisement avant la tempête.
Mesures 20 à 22 Ici commence le point de non-retour. Glenn Gould appuie légèrement sur le gaz pour nous faire sentir que le travail est bien engagé et qu'on ne reviendra pas en arrière (pour le moment). S'il pouvait se fermer la boîte en jouant, tout serait parfait. Le fa dièse grave dramatique à 22 nous annonce qu'on ne niaise plus, on va se rendre au bout du projet, advienne que pourra ! Les mesures qui suivront auront un effet bœuf sur notre esprit grâce aux arpèges du début, qui nous bercent depuis une minute et demie, sans nous faire trop souffrir. C'était joli, dis donc ! Mais attention, ici, c'est autre chose, c'est tragique et ça déchire grave ! Il y a de la sueur, de l'anxiété, des poussées désespérées. Tout ça, encore une fois, seulement par l'écriture et les intervalles. Pas d'orchestre épique à la Lord of the Rings : uniquement les quatre-vingt-huit touches du piano, that's it !
Mesure 23 J'ai toujours trouvé cette mesure très culottée. Elle est différente de toutes les autres parce que l'intervalle entre les notes est le plus serré de la run : si, do, ré puis avec le la bémol et le fa en bas, ça donne un accord très singulier, qui semble ne pas avoir d'affaire là. C'est épeurant et génial. Je suis certain que JSB a passé des jours à penser à cet accord. Non mais quel scénariste.
Mesure 24 Après le passage angoissant qu'on vient de vivre, la lumière revient de nouveau avec un accord de sol 7, plus rassurant. Mais qu'est-ce qui lui a pris de nous faire flipper comme ça ? De plus, à partir de 24, la note basse restera figée sur sol sur sept mesures jusqu'à 32. Ça, c'est vraiment formidable et ça vous installe une atmosphère de confiance sur le plancher, même si ça varie en haut, à la main droite.
Mesures 25 à 27 Encore plus rassurant ! Do majeur, comme au début, et ça fait beau en chien à cet endroit. On repart sur de bonnes bases, les cheveux propres et les dents brossées. Les arpèges qui suivent sont chaleureux et pleins d'espérance. Glenn Gould se permet de jouer un peu moins sec à 25 et laisse rouler la troisième note de l'arpège, comme s'il se sentait lui-même moins angoissé. Sacré Glenn ! Il joue tellement comme une brute que lorsqu'il ajoute une nuance on a quasiment un orgasme. A ce point-ci du travail de la mère, le col de l'utérus est dilaté à 5 cm et elle pousse comme une bonne ! On est sur le bout de notre siège. J'ai besoin d'un verre d'eau.
Mesures 28 et 29 Fudge ! C'est comme dans un film de Spider-Man. On croit que l'acteur va bien s'en tirer, mais NON ! Y a un dernier petit problème à surmonter, genre achever le méchant à coups de sabre au sommet d'une grue. Sauf qu'ici c'est créé par des notes spooky et inquiétantes, mi bémol, fa dièse, je ne sais pas ce qui se passe là, techniquement parlant, mais ça fout les jetons ! On croit que le bébé va rester coincé et que tout est perdu ! Bou hou ! C'est donc bien triste ! Césarienne ? A 29, le mi bémol redevient naturel et l'espoir est de nouveau permis. Il va sortir, le p'tit vlimeux ! Johann continue de marteler le sol en bas, c'est pas pour rien, il sait qu'on va réclamer, non, exiger une résolution, ou bedon on va péter notre coche !
Mesures 30 et 31 Encore deux dernières mesures avec l'auriculaire qui tape le sol de la main gauche. Et c'est ici que cette attente envoûtante va payer : un accord de sol à 30 avec un do qui est suspendu, mais tout de suite à 31 il chute d'un demi-ton. Paf ! On part brailler comme des madeleines ! Des rayons de madone percent les nuages, c'est la délivrance !
Mesures 32 à 35 Ici, ce n'est pas encore l'accord de do qu'on attend depuis une éternité, mais on sait que le pire bout est fait et qu'on s'en va vers la sortie. A 33 et 34, le rythme change et il n'y a plus de silences entre les deux arpèges, ce qui crée une seule phrase continue de 32 notes égales qui montent et qui descendent. Puis, boum ! Le plus simplement du monde, ça se termine sur un accord plaqué de do majeur soutenu, qui résonne longuement, durant plusieurs secondes. Vous émergez du brouillard... Une voix douce et rassurante vous annonce : « Félicitations ! C'est une fille de 5 livres et 2 onces ! » Quelle affaire ! Toutes ces émotions déchirantes, ces tractations mentales, pour finalement aboutir au premier accord qu'on aborde dans Le piano sans professeur (9,95 dollars chez Archambault). C'est tellement audacieux et surprenant ! Bach nous dit : « Ben oui, c'est beau, un do majeur. N'oubliez jamais la puissance d'un accord bien placé au bon endroit. » Et il ajoute : « ça a été difficile, nous avons douté, nous avons ressenti de la peur et de l'incertitude, mais nous nous sommes accrochés et l'espérance est revenue dans nos cœurs ! Danke fürs Zuhören ! » Mon souhait serait de jouer cette pièce à la perfection avec les nuances requises, sans interruption. Mais je n'ai pas encore réussi. La continuité est primordiale dans ce morceau, c'est une mécanique qui ne doit en aucun cas être interrompue, au risque de briser la tension. Une seule hésitation, une seule fausse note, et tout le build-up émotionnel s'écroule. Il faut la jouer par cœur et raconter l'histoire d'une traite..." Pour feuilleter les premières pages, cliquez [ici] Pour regarder et écouter l'interview de Michel
Rabagliati,
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Michel RABAGLIATI - Y
a d'la joie
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