Le Trochiscanthe nodiflore [TN]
n°1040 (2026-35)
mardi
1er septembre 2026
"Lettre hebdomadaire" du site "Rencontres
Sauvages"
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Automne
Les feuilles tombent, tombent comme de
loin, Rainer Maria RILKE
Herbst Rainer
Maria
RILKE |
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![]() Moment d'Aube - 5h21 Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 jeudi 23 juillet 2026 Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 jeudi 23 juillet 2026 ![]()
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 jeudi 23 juillet 2026
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 jeudi 23 juillet 2026
Depuis l'affût -
7h02
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 jeudi 23 juillet 2026
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 jeudi 23 juillet 2026 <image recadrée>
![]()
![]() <image recadrée>
![]() Chardonneret élégant
adulte
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 jeudi 23 juillet 2026
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 jeudi 23 juillet 2026
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 jeudi 23 juillet 2026
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 jeudi 23 juillet 2026
Jeune Bergeronnette
grise (2)
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 jeudi 23 juillet 2026
Jeune Rougequeue
noir
![]() ![]() ![]() Mouches Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 samedi 25 juillet 2026 ![]() Chevreuil
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 samedi 25 juillet 2026 ![]() Azuré sp. sur Achillée millefeuille Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 samedi 25 juillet 2026 ![]() ![]() 9h57 Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 samedi 25 juillet 2026 ![]() Moment d'Aube - 5h16
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 dimanche 26 juillet 2026 ![]() ![]() ![]() Depuis l'affût - 7h00 Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 dimanche 26 juillet 2026 ![]() ![]() ![]() ![]() Jeune Bergeronnette grise Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 dimanche 26 juillet 2026 ![]() ![]() ![]() ![]() ![]()
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 dimanche 26 juillet 2026 ![]() ![]() ![]() ![]() Jeune Merle noir Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 dimanche 26 juillet 2026 ![]() ![]() ![]()
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 dimanche 26 juillet 2026 ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() Laitue serriole Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 dimanche 26 juillet 2026 ![]() Knautie Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 dimanche 26 juillet 2026
![]() Silène enflé (en fruit) Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 dimanche 26 juillet 2026 ![]() ![]() 10h21 Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 dimanche 26 juillet 2026 ![]() Moment d'Aube - 5h29 Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 lundi 27 juillet 2026 ![]()
![]() ![]() Depuis l'affût - 7h00 Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 lundi 27 juillet 2026 ![]() ![]() ![]() Jeune Bergeronnette grise Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 lundi 27 juillet 2026 ![]() ![]() ![]()
Jeune Rougequeue
noir Il pleut !!
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 lundi 27 juillet 2026 ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]()
![]() ![]() ![]() ![]() Jeune Rougequeue noir Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 lundi 27 juillet 2026 ![]() Laiteron Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 lundi 27 juillet 2026 ![]() Cirse vulgaire Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 lundi 27 juillet 2026 ![]() ![]() Dortoir Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 lundi 27 juillet 2026 ![]() ![]() Hespérie Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 lundi 27 juillet 2026 ![]() ![]() 10h12 Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5 lundi 27 juillet 2026 [à suivre...] |
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"Philippe poussa la porte du studio et fut étonné de se retrouver dans l’obscurité. Elle n’avait pas ouvert les volets, la pièce était plongée dans le noir. Pourtant, il était midi passé. Il s’était rendu chez elle à peine la réunion terminée. Ça faisait une semaine qu’ils ne s’étaient pas vus. C’était pareil chaque fois. Quelques jours sans visite et elle se renfermait. Il fallait des heures pour la dérider, pour qu’elle se laisse aller de nouveau dans ses bras. « Ambre ? » Pas de réponse. C’était mauvais signe. Elle était vraiment fâchée. Il leva les yeux au ciel. « Ambre ? » Il avait téléphoné pourtant. Pour lui dire qu’il passait. Il s’était attendu à un silence glacial mais elle avait répondu : « Oui, d’accord » d’une voix étrange. Un peu étranglée. Comme si elle était malade. Il déposa sa veste sur le lit défait. Elle devait vraiment être mal. D’habitude, les draps étaient bien tirés, prêts à être froissés par leurs retrouvailles. « Tout va bien ? » Toujours rien. Il lissa sa veste sur l’oreiller. Ça faisait partie de ses rituels quand il venait ici. Il entrait, posait sa veste avec soin, puis l’appelait. Une fois. Deux fois. En principe ça suffisait. Et alors il la déshabillait sans s’encombrer de plus de manières, la jetait sur le lit, la faisait gémir. C’était facile quand elle ne boudait pas… Ensuite, il était plus tendre. Un peu moins pressé. Il laissait ses mains se balader sur sa peau et il se collait contre elle, déjà ailleurs, organisant mentalement son planning de rendez-vous de l’après-midi. « Qu’est-ce que t’as ? T’es malade ? » Il était près de la salle de bains et fut surpris qu’elle n’ait pas allumé dans cette pièce non plus. Il poussa la porte d’un coup de genou. Elle était bien là, allongée dans la baignoire et dans le noir. « Eh bien, qu’est-ce que tu fais… » L’interrupteur chassa l’obscurité et la première chose qu’il vit fut son visage translucide, ses paupières à demi closes. Il ne remarqua qu’ensuite la couleur de l’eau, orange, et les longues traînées rougeâtres sur le bord de la baignoire. « Ambre ! » Son cri fendit l’air comme un coup de fouet. Il tomba à genoux, attrapa ses poignets inanimés, les serra fort. De vieux réflexes revinrent sans qu’il ait cherché à les invoquer. Comme si son cerveau passait en mode automatique. Stopper l’hémorragie. Attraper des serviettes, les enrouler autour des poignets, appuyer pour faire un garrot. « Putain, Ambre ! » Prévenir les secours. Elle n’est pas morte. Je crois qu’elle n’est pas morte. Il lâcha ses mains qui retombèrent mollement contre le rebord pour sortir son téléphone de sa poche. Une sonnerie. Deux sonneries. Une voix d’homme qui disait quelque chose. Il l’interrompit brutalement : « S’il vous plaît, c’est une urgence ! » Les paupières de la fille tressautèrent. Elle était à demi consciente et elle songeait qu’il avait perdu son ton adulte, assuré, grave. Sa voix était faible et geignarde. « Au 113, rue des Tilleuls. Une jeune fille de vingt ans ! Elle s’est ouvert les veines ! Elle se vide ! Dépêchez-vous ! » Il lui paraissait dans tous ses états mais elle n’en était pas certaine car tout lui parvenait de façon lointaine. Il continuait à parler, mais ce n’était plus aux pompiers cette fois. Du moins, elle n’en avait pas l’impression. « Ambre, qu’est-ce que t’as fait ! » Il se cramponnait au rebord de la baignoire, à ses poignets bandés. Il ne se rendait pas compte qu’il lui faisait mal. Les serviettes s’imbibaient de sang, tandis qu’elle devenait de plus en plus pâle. Elle avait du mal à saisir les mots qu’il lui lançait. Elle avait comme du coton dans les oreilles. « Ambre, c’est moi, je suis là. » Elle fit un effort pour comprendre. Ses paupières battirent très rapidement, comme des ailes de papillon. Philippe se redressa, essaya de capter ses pupilles vitreuses. « Ambre, reste avec moi ! Reste ! Regarde-moi ! » Les paupières retombèrent comme un rideau sur ses yeux. « Bordel, reste avec moi ! Qu’est-ce que je t’ai dit ! » Elle avait perdu tout à fait connaissance. Sa tête heurta le bord de la baignoire et Philippe, se laissant tout à fait aller, se mit à haleter dans son beau costume neuf. Quand les secours arrivèrent, ils ne surent pas ce qui les troubla le plus. Trouver un homme en cravate, le visage défait, qui s’acharnait au-dessus du corps d’une jeune fille inerte sur le sol de la salle de bains après l’avoir sorti de l’eau. Ou se retrouver face à ce corps nu, blanc et frêle, sur le carrelage maculé de sang. « Poussez-vous, monsieur ! » Ils durent le répéter plusieurs fois car l’homme les regardait, hébété, les yeux écarquillés, mais il ne bougeait pas, comme s’il ne voulait laisser personne approcher. On le poussa sans ménagement, le temps était compté. Elle était livide, presque sans vie. L’un des urgentistes s’agenouilla, posa deux doigts sur son cou, hocha la tête. « C’est bon. J’ai un pouls. » Alors tout alla très vite. On repoussa Philippe dans le salon. « Il nous faut de l’espace, monsieur. Sortez. » Et on s’affaira autour d’elle, Philippe ne put plus rien voir. On la sortit de la salle de bains sur une civière. Elle paraissait encore plus pâle là-dessus. Et minuscule. Vingt ans, putain, vingt ans, se répétait-il, comme s’il n’en avait jamais vraiment pris conscience. Les hommes sortirent. « Suivez-nous, monsieur. » La civière passait difficilement dans les escaliers et cogna plusieurs fois le mur. La tête d’Ambre ballottait comme celle d’une poupée. En bas de l’immeuble, une voiture de police stationnait à côté d’un véhicule du SAMU. « Monsieur, veuillez nous suivre. Il va nous falloir une déposition. » Il regarda la voiture de police, les gyrophares qui clignotaient, l’homme en uniforme. « Non… Je veux aller avec elle. » Il avait l’air d’un type totalement paumé, le policier dut le sentir car il se radoucit : « Il n’y en a que pour quelques minutes. – Je dois aller avec elle. » Le policier hésita, échangea un regard avec son collègue et posa une main sur le bras de Philippe. « Bon… je vais monter avec vous dans l’ambulance. » Autour d’eux, une masse de curieux s’était formée et les dévisageait, essayant d’apercevoir la blessée. Philippe fut pris d’un soudain malaise et voulut se cacher derrière sa veste mais il se rendit compte qu’il l’avait oubliée dans le studio. Nerveux, il essaya de se dissimuler derrière le policier qui le regarda étrangement. « Tout va bien, monsieur ? – Ma femme… – Pardon ? » Il avait l’air catastrophé. « Ma femme… elle ne doit pas savoir. » Le policier fronça les sourcils sans comprendre. Derrière eux, on refermait la lourde porte de l’ambulance et on s’activait autour d’Ambre. On la relia à une perfusion et on attacha la civière. Le regard du policier s’attarda un instant sur la blessée, remonta le long de la couverture jusqu’à un sein nu, laiteux, qui émergeait. Il tressauta et se retourna vers Philippe. Il avait compris. Et il n’était plus compréhensif, mais outré : « Tout de même. Ça pourrait être votre fille. »..."
Mélissa DA COSTA - Je
revenais des autres
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