Mardi 25 septembre 2007
Dernières images du site "Rencontres Sauvages" : 82
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Samuel, mon frère : berger du Montaigu


Estive du Pic du Montaigu
(Hautes-Pyrénées)

Pause sur une crête (avant le lever du soleil) : à la recherche des brebis :
"Caboche", la jeune chienne, est vivement intéressée.
Mardi 28 août 2007

Lever de soleil sur la chaîne des Pyrénées.
Mardi 28 août 2007

Rassemblement du troupeau avec l'aide des chiens.
Mardi 28 août 2007

Passage de la crête ensoleillée avec le troupeau.
Mardi 28 août 2007

Préparation d'une injection pour une brebis malade.
Mardi 28 août 2007

Lors de la descente d'un troupeau dans la vallée : un agneau âgé de 1 ou 2 jours
est descendu dans le sac à dos (il ne peut pas encore suivre le troupeau!).
Mardi 28 août 2007


Contemplation en compagnie de "Pat", sa fidèle chienne Border-Colley.
Jeudi 30 août 2007


Dans la brume.
Jeudi 30 août 2007

30 années séparent ces deux images : notre mère a brodé cette tapisserie (à gauche),
en attendant la naissance de mon frère Samuel...

Distribution de sel aux brebis.
Jeudi 30 août 2007

Sur une crête, au coucher du soleil, au dessus de la mer de nuages.
Samedi 1er septembre 2007

Descente dans la brume avec "Ida", jument de race "Merens".
Mardi 4 septembre 2007



Un petit texte :

"Une nuit dans la forêt Aguaruna
(première partie)

Je ne connais pas cet homme qui s'arrête au bord du fleuve, respire profondément et sourit en reconnaissant les arômes qui flottent dans l'air. Je ne le connais pas, mais je sais que cet homme est mon frère.
Cet homme qui sait que le pollen voyage emporté par la volonté arbitraire du vent, mais confiant et rêvant à la terre fertile qui l'attend, cet homme est mon frère.
Et il sait beaucoup de choses, mon frère. Il sait, par exemple qu'un gramme de soi-même, doucement prédestiné à la boue germinale, au mystère d'où il se dressera tout vivant de branches, de fruits et d'enfants, avec la belle certitude des transformations, du commencement inévitable et de la nécessaire fin, car l'immuable recèle le danger de l'éternel et seuls les dieux ont du temps pour l'éternité.
Cet homme qui pousse son canot sur la plage de sable fin et se prépare à accueillir le miracle qui, chaque soir, dans la forêt, ouvre les portes du mystère, cet homme est nécessairement mon frère.
Pendant que la subtile résistance de la lumière diurne se laisse vaincre amoureusement par l'étreinte des ténèbres, je l'écoute murmurer les mots justes que son canot mérite : "
je t'ai trouvé quand tu n'étais pas plus gros qu'une branche, j'ai nettoyé le terrain qui t'entourait, je t'ai protégé de la fourmi blanche et des termites, j'ai orienté la verticalité de ton tronc et, en t'abattant pour que tu sois mon prolongement dans l'eau, j'ai tracé à chaque coup de hache une cicatrice sur mes bras. Une fois dans l'eau, j'ai promis que nous continuerions ensemble le voyage commencé en ton temps de graine. J'ai tenu ma promesse. Nous sommes en paix."
Alors, cet homme contemple comme tout change, se transforme à l'instant précis où le soleil se fatigue d'être réduit en milliers de particules, multiplié dans les paillettes d'or que charrient les ruisseaux.
La forêt éteint son intense couleur verte. Le toucan replie l'éclat de ses plumes. Les pupilles du coati cessent de refléter l'innocence des fruits. L'infatigable fourmi suspend le déménagement du monde dans sa demeure conique. Le yacaré* décide d'ouvrir les yeux pour que les ombres lui montrent ce qu'il a évité de regarder pendant la journée. Le cours du fleuve devient paisible, ingénu dans sa terrible grandeur.
Cet homme qui dispose sur la plage ses amulettes protectrices, les pierres vertes et bleues qui maintiendront le fleuve à sa place, cet homme est mon frère, et avec lui je regarde la lune qui se montre par moments entre les nuages et baigne d'argent la cime des arbres. Je l'écoute murmurer : "
Tout va bien. La nuit presse la pulpe des fruits, éveille le désir des insectes, calme l'inquiètude des oiseaux, rafraîchit la peau des reptiles, ordonne aux lucioles de danser. Oui, tout va bien."..."

Luis Sepulveda - Les Roses d'Atacama

(suite mardi prochain...)


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