Le Trochiscanthe nodiflore [TN]

n°1023 (2026-18)

mardi 5 mai 2026

"Lettre hebdomadaire" du site "Rencontres Sauvages"
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RAMEAU - Les Indes galantes

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Je suis le sombre amant du rocher triste et nu,
Dans le nid des aiglons, j’ai dormi tout mon rêve,
sans vertige et sans peur, comme j’étais venu
A travers les ravins dans ma course sans trêve.

Avec le houx bronzé sur le mont inconnu,
j’ai coupé le chardon pour l’offrir à mon Eve.
L’œillet qui lui plaît tant, ne croit qu’au bord chenu
du rocher, vers l’abîme où l’ouragan s’élève.

Du haut de ces titans j’ai vu dans sa beauté
se coucher le soleil dans l’or des soirs d’été.
Et mes yeux pour la vie ont gardé ces images.

Et c’est le sol natal, où dorment mes aïeux,
O rocher, sphinx muet, veille toujours sur eux,
sentinelle debout, le front dans les nuages.

Emile LONCHAMPT
(poème gravé au sommet du Rocher de Haute-Pierre,
au dessus de la vallée de la Loue, Haut-Doubs)



 
Gökotta photographique
  Loge n°5


Grive draine, Serin cini
  Chardonneret élégant, Pinson des Arbres
Bergeronnette grise, Rougequeue noir


Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
début avril 2026




Au lever du jour...
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
dimanche 5 avril 2026


7h33
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
dimanche 5 avril 2026


La lune se couche...
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
dimanche 5 avril 2026



Un renard passe... il fait encore nuit !
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
dimanche 5 avril 2026



Grive draine
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
dimanche 5 avril 2026



Grive draine
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
dimanche 5 avril 2026

Véronique
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
dimanche 5 avril 2026

Drave printanière
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
dimanche 5 avril 2026



Premier pissenlit
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
dimanche 5 avril 2026

Tussilage
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
dimanche 5 avril 2026

Anémone sylvie
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
dimanche 5 avril 2026





Crocus albiflorus (fleur blanche)
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
dimanche 5 avril 2026


Drave printanière
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
dimanche 5 avril 2026



La loge
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
dimanche 5 avril 2026

Au lever du jour...
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
lundi 6 avril 2026

La lune se couche...
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
lundi 6 avril 2026



7h38
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
lundi 6 avril 2026



La lune
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
lundi 6 avril 2026

Pinson des arbres mâle
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
lundi 6 avril 2026



Serin cini s'étirant
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
lundi 6 avril 2026



Pinson des arbres femelle
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
lundi 6 avril 2026



Rougequeue noir femelle
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
lundi 6 avril 2026



Pinson des arbres mâle
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
lundi 6 avril 2026



Chardonneret élégant
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
lundi 6 avril 2026

A la recherche de crins pour son nid...
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
lundi 6 avril 2026




Chardonneret élégant
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
lundi 6 avril 2026



Rougequeue noir femelle
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
lundi 6 avril 2026



Bergeronnette grise adulte
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
lundi 6 avril 2026



Pissenlit
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
lundi 6 avril 2026



Violette sp.
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
lundi 6 avril 2026



Crocus albiflorus (fleur mauve)
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
lundi 6 avril 2026



Gentiane printanière
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
lundi 6 avril 2026



Drave printanière
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
lundi 6 avril 2026



La loge
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
lundi 6 avril 2026



Au lever du jour...
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
samedi 11 avril 2026




7h22
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
samedi 11 avril 2026





Grive draine
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
samedi 11 avril 2026



Bergeronnette grise adulte
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
samedi 11 avril 2026















Drave printanière
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
samedi 11 avril 2026



Barbaréa
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
samedi 11 avril 2026







Anémone sylvie
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
samedi 11 avril 2026





Crocus albiflorus (fleur mauve)
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
samedi 11 avril 2026






Gentiane printanière
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
samedi 11 avril 2026






La loge
Courvières (Haut-Doubs), loge n° 5
samedi 11 avril 2026

[à suivre...]

 


Suggestion de lecture :

"I

Non, ce n'était pas un moustique tigre. De cela, il était certain. A défaut de pouvoir enregistrer les règles extravagantes de la langue française, le commissaire Adamsberg savait pouvoir compter sur sa mémoire sensorielle et, en ce qui concernait cette bestiole, sur ses souvenirs visuels et auditifs. Il les passait en revue, agacé, tout en remontant à pas lents le boulevard Saint-Michel à la nuit. En même temps qu'il évaluait le dilemme amoureux auquel son ami et collègue Louis Veyrenc, qu'il venait de quitter après un long dîner, ne manquerait pas d'être bientôt confronté. A savoir être largué ou bien anticiper et lever le camp, loin de cette femme Diane qu'il affectionnait depuis cinq mois. Cette Diane qui, aux yeux du commissaire, semblait nettement plus éprise d'elle-même que de quiconque à cent lieues à la ronde. D'une manière générale, Adamsberg n'appréciait pas les personnes nettement éprises d'elles-mêmes et convaincues de leur efficience. Portée par on ne sait quel vent magique, la conversation avait, ce soir encore, invariablement reflué vers elle, et c'est soudain d'un geste impérial que sa main s'était abattue sur l'insecte.

  • Moustique tigre, avait-elle annoncé avec la modeste fierté du brave qui vient de terrasser un rhinocéros mâle en même temps que sauver la vie des deux hommes assis à sa table.

« Pas un tigre », avait-il pu glisser à Veyrenc avant de le quitter. Sans avoir eu l'opportunité d'être plus clair et de lui préciser que le formidable trophée de sa Diane n'était ni bruyant, ni rapide, ni rayé de noir et blanc, entre autres signes distinctifs. Rien qu'un simple moustique commun, comme il en pullulait en cette nuit de juin trop chaude.

Veste ouverte et mains dans les poches, il s'engagea dans la rue Monsieur-le-Prince à près de 2 heures du matin. Il s'apprétait à contourner un attroupement qui s'était formé à quelques pas de lui quand il y repéra un gyrophare et les calots bleus de flics en uniforme. A entendre les murmures et les cris étouffés, le spectacle qui avait drainé une quinzaine de curieux n'avait certainement rien de festif. A cette heure, il était clair que ces hommes et ces femmes, dont certains vêtus à la hâte,avaient été alertés par la sirène des flics et la lueur bleue du véhicule. Et s'étaient approchés ou étaient sortis pour voir. Il se faufila vers l'intérieur du cercle, adressa un rapide signe de tête aux policiers, un brigadier-chef et deux gardiens de la paix et, sans réfléchir, s'accroupit près du corps d'une jeune femme allongée sur le dos devant une porte cochère. Un gardien réagit aussitôt : de quoi se mêlait cet imbécile qui allait bousiller la scène du crime ? Il l'attrapa solidement par l'épaule et le tira vers l'arrière.

  • On recule, dégagez de là.

  • Je ne touche à rien, dit Adamsberg en se relevant et frottant le genou de son pantalon. Pouvez-vous me lâcher le bras à présent ? Pour que je puisse sortir ma carte ?

Le commissaire croisa dans l'ombre le regard surpris du brigadier-chef, qui vira en une seconde du doute à la certitude.

  • Lâche-le, glissa-t-il à son collègue. Le gardien, hésitant, desserra son étreinte et Adamsberg tira son porte-cartes de la poche de son pantalon.

  • Fais pas le con, ajouta le brigadier-chef à l'intentiondu gardien. Sauf erreur, il est de la BC 13. Adamsberg.

  • Adamsberg ? Ce type-là ?

  • Ce type-là, oui. Alors boucle-la.

  • Ce type-là, oui, répéta Adamsberg à voix douce tout en montrant sa carte au brigadier. Ne vous en faites pas, je ne suis pas susceptible. Et pardon, j'aurais dû me présenter. Brigade criminelle du 13e . Brigadier-chef comment ?

  • Jourdain. Commissariat du 6e .

  • A quelle heure avez-vous reçu l'appel ?

  • 1 h 23, commissaire.

Adamsberg hocha la tête et retourna s'agenouiller près du corps, cette fois avec la lampe de son portable qu'il braqua sur le visage. Bon sang que cette fille était belle. Mais ses paupières presque closes ne cillaient plus. Il posa légèrement le dos de son index sur la joue, trop fraîche, et soupira. Le faisceau s'arrêta sur le torse, puis balaya progressivement le corps jusqu'aux pieds pour revenir au buste. Les sourcils froncés, il souleva légèrement d'un doigt le revers gauche de la veste, immaculée,et éclaira une tache qui rougissait une blouse blanche, au niveau du coeur. Il se releva lentement et demeura immobile, bras croisés, fixant le corps. Dans les trente ans ou moins, grande et mince, abondante chevelure blond foncé ondulant sur les épaules, rouge à lèvres. Nul signe de peur ou de souffrance sur ses traits, veste échancrée en lainage pied-de-poule à carreaux noirs et blancs, serrèe sur sa taille une, jupe étroite d'un noir assez brillant, jambes parfaites, collant et fines chaussures de cuir à petits talons. Une montre au poignet gauche, un bracelet doré au droit. Une alliance. A ses côtés, son sac à main et, incongru, un bouquet de hautes fleurs violettes sans papier d'emballage. Le brigadier-chef Jourdain l'avait rejoint, également muet. Il s'écoula ainsi quelques longues minutes avant qu'Adamsberg, toujours méditatif, appelle Veyrenc, qui décrocha à la cinquième sonnerie. Non, il n'était pas couché mais il s'apprêtait à.

  • Eh bien ne t'apprête pas, Louis. Et ramène-toi en vitesse.

Adamsberg lui donna l'adresse, raccrocha et revint au brigadier.

  • L'équipe technique est en route ?

  • Affirmatif, commissaire.

  • Le légiste ?

  • Affirmatif, commissaire.

  • Dites, brigadier, ça vous dit quelque chose, cela ?

  • Quoi ?

  • Cette femme ? Cette scène ? expliqua-t-il avec un geste évasif.

Le brigadier jeta un regard embarrassé au commissaire.

  • écoutez, commissaire, cela me dit que nous avons là une très belle jeune femme qui revenait d'un dîner d'une soirée. On ne s'habille pas comme cela pour rester chez soi.

  • Sauf si l'on reçoit.

  • Et que ferait-elle dehors seule à cette heure ? Non, ce qu'on voit clairement, c'est qu'elle est décédée en pleine rue. Peut-être de mort naturelle. Arrêt cardiaque ou autre. On ne peut rien conclure avant l'examen du légiste.

  • Mais si, brigadier, on le peut. On l'a assassinée, et sans souffrance. Ses traits sont paisibles.

  • Poison ? hasarda Jourdain.

  • Non plus. On a visé au coeur. Un fumier qui sait y faire.

  • Commissaire, pardonnez-moi mais...

Le brigadier Jourdain s'interrompit, assez désorienté et très mal à l'aise à l'idée de devoir contrer Adamsberg. Non, le commissaire n'essayait pas de le tester ou le provoquer. Il parlait de cette voix basse un rien chantante que, dans le milieu, on disait apte à endormir la vigilance et amollir des suspects coriaces qui finissaient souvent par cracher le morceau. Mais ce qu'on nommait aussi ses« divagations » étaient également réputées, pour le mieux ou le pire, et il semblait bien qu'en ce moment Adamsberg s'engageait dans une voie d'errance assez confuse.Or les faits étaient là. Concrets, réels. Ces précieux faits qui guidaient les flics de jalon en jalon, auxquels on s'accrochait comme aux barreaux d'une échelle. Et de cela, il allait bien falloir que le commissaire en convienne, Adamsberg ou pas.

  • On a déjà examiné les lieux, reprit Jourdain. Et enfin, les faits sont là, commissaire, et les faits priment avant tout : il n'y a pas de sang sur le trottoir. Pas une goutte.

  • J'ai vu.

  • Et vous pensez à ?

  • Un coup porté au coeur, par balle ou au couteau. Au légiste de nous le dire mais je penche pour le couteau. Mais attention, Jourdain, je ne sais pas pourquoi.

  • Commissaire, pardonnez-moi, répéta le brigadier, mais la veste est boutonnée et elle n'est pas tachée de sang.

  • Parce qu'on la lui a enlevée après. Une heure après par exemple, une fois le sang épanché. Mais sa blouse est malgré tout tachée. Jetez un oeil, brigadier. Allez-y, soulevez ce revers.

Jourdain s'exécuta. Il enfila un gant, s'agenouilla, écarta la veste, prêt à annoncer à Adamsberg que la blouse était blanche comme neige. Ce qui n'était pas le cas. Un peu choqué, il se releva, fit deux pas, revint vers le commissaire toujours immobile, les bras croisés sur son torse, les yeux rivés sur la jeune femme. Qu'il fallait bien à présent appeler « la victime ». Puisque les faits étaient là.

  • Comment avez-vous su ? demanda-t-il avec quelque brusquerie, comme si Adamsberg avait enfreint la limite invisible de quelque loi de conduite orthodoxe d'une enquête.

  • C'est bien là le problème. Comment ? Ce pourquoi je vous demandais si cela vous disait quelque chose. Vous m'avez répondu que non. Mais à moi oui, cela me dit quelque chose.

  • Et quoi ? osa Jourdain..."


Fred VARGAS - Une unique lueur


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