Le Trochiscanthe nodiflore [TN]
n°1021 (2026-16)
mardi
21 avril 2026
"Lettre hebdomadaire" du site "Rencontres
Sauvages"
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Livret de l'exposition de photographies, à la "Margotte" (de 2013 à 2025 !) ![]()
Pour le feuilleter en ligne, cliquez [ici] L'exposition se visite,sur rendez-vous N'hésitez pas à me contacter par téléphone (ou SMS) : 06 43 93 61 09, ou par mail : pascalmarguet809 (at) gmail.com (remplacer (at) par @) |
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![]() Etang La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs), au bord de l'étang vendredi 13 mars 2026 ![]()
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La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs), au bord de l'étang vendredi 13 mars 2026
La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs), au bord de l'étang vendredi 13 mars 2026
La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs), au bord de l'étang vendredi 13 mars 2026
Ornans (Doubs), au bord de la Loue samedi 21 mars 2026 ![]()
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Ornans (Doubs), au bord de la Loue samedi 21 mars 2026
Couple de Foulque
macroule
![]() Couple de Foulque macroule La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs), au bord de l'étang samedi 21 mars 2026 ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() Toilette La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs), au bord de l'étang samedi 21 mars 2026 ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() <image recadrée> ![]() <image recadrée> ![]() ![]() Foulque macroule La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs), au bord de l'étang dimanche 29 mars 2026 ![]() ![]() ![]()
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La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs), au bord de l'étang dimanche 29 mars 2026 ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() Foulque macroule : à la recherche de nourriture La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs), au bord de l'étang dimanche 29 mars 2026
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"LA FILLE DU MAGASIN DE BISCUITS
Satoko, qui venait de remettre de l’ordre dans l’éventaire, revint dans le magasin.
Satoko se donna une tape à la hanche tout en lui décochant un regard noir.
Au même moment, un homme en costume gris, assez corpulent, poussa la porte en verre du magasin et salua les deux femmes en s’inclinant légèrement.
Fumitaka, son fils, le père de Nao, rentra environ deux heures plus tard. Le col de son polo blanc était grisâtre. Il revenait de chez un grossiste.
Au lieu de lui répondre, son fils alluma la télévision et se concentra sur un match de base-ball retransmis en direct. Nao mit la table. Elle avait l’habitude d’entendre sa grand-mère dire ça. Les Kamikawa ne dérogeaient jamais à leur habitude de dîner ensemble. En raison du retour tardif de Fumitaka, ils commencèrent plus tard que d’ordinaire. Pendant l’hospitalisation de Satoko, Nao s’était chargée de faire la cuisine, corvée dont elle avait été libérée une semaine plus tôt. La vie avait repris comme avant. Elle était encore en maternelle lorsque sa mère était morte dans un accident de voiture. Malgré son jeune âge, elle n’avait pas oublié le choc que cela avait été pour elle. Elle y avait survécu parce que son père tenait un magasin et qu’il était toujours à la maison. La présence de Satoko lui avait aussi été d’un grand secours. Grâce à eux, elle avait le sentiment d’avoir échappé à l’isolement qui est généralement le lot des enfants uniques vivant seuls avec leur père. L’amour de sa mère lui avait manqué, mais elle avait toujours bénéficié de repas préparés avec amour. Les boîtes-repas que lui confectionnait sa grand-mère pour les sorties scolaires éveillaient invariablement l’envie de ses camarades de classe. En avril, la maladie de sa grand-mère et son hospitalisation l’avaient ébranlée. Elle ne s’y attendait absolument pas, et elle était revenue en pleurs de l’hôpital. Comme sa grand-mère l’avait expliqué à l’agent d’assurances, elle était entrée à l’hôpital pour se faire opérer d’un anévrisme. Mais quelques jours avant la date de l’opération, elle avait été prise d’une fièvre inexpliquée, si forte qu’elle en était tombée dans le coma. Elle avait passé trois jours dans cet état. Nao avait à nouveau pleuré lorsque sa grand-mère avait repris conscience. Son père et elle avaient alors appris que cet accès de fièvre était dû à une cholangite. Nao avait réalisé que sa grand-mère, sur laquelle elle comptait, et qui la gâtait, était une vieille dame malade. Voilà pourquoi, le jour où Satoko était revenue à la maison, elle avait déclaré que ce serait désormais elle qui la choierait, parce qu’elle avait l’intention de lui exprimer ainsi sa gratitude. Satoko en avait été émue aux larmes. L’harmonie entre les deux femmes n’avait malheureusement pas duré. Satoko était d’une nature emportée. Les premiers jours, elle avait réussi à fermer les yeux sur les maladresses de sa petite-fille, pour ensuite se mettre à critiquer la manière dont elle agissait. Son impatience naturelle l’empêchait en outre de dire les choses avec tact. Sa petite-fille avait hérité de son caractère, ce qui n’arrangeait rien. Comme avant son hospitalisation, la vieille dame s’entendait souvent dire que si elle n’était pas contente, elle n’avait qu’à tout faire elle-même. Fumitaka continuait cependant à se réjouir du retour de sa mère. Depuis qu’elle avait recommencé à cuisiner, il reprenait petit à petit les cinq kilos qu’il avait perdus pendant son absence.
Elle n’osa pas lui dire qu’à cause de ses problèmes de santé, elle avait manqué plusieurs jours de cours.
Keigo HIGASHINO - Le
nouveau
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