Le Trochiscanthe nodiflore [TN]

n°1021 (2026-16)

mardi 21 avril 2026

"Lettre hebdomadaire" du site "Rencontres Sauvages"
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GF Händel - El triomfo del Tempo

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Livret de l'exposition de photographies,

à la "Margotte"
(de 2013 à 2025 !)







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par téléphone (ou SMS) : 06 43 93 61 09,

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Couples de Foulque macroule,
Cygne tuberculé et Canard colvert

La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs), au bord de l'Etang
Ornans, au bord de la Loue
mars 2026



Etang
La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs), au bord de l'étang
vendredi 13 mars 2026



Foulque macroule
La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs), au bord de l'étang
vendredi 13 mars 2026


Foulque macroule dans le vent
La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs), au bord de l'étang
vendredi 13 mars 2026



Foulque macroule à sa toilette
La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs), au bord de l'étang
vendredi 13 mars 2026

Cygne tuberculé, en vol
La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs), au bord de l'étang
vendredi 13 mars 2026

Portrait de Foulque macroule
La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs), au bord de l'étang
vendredi 13 mars 2026



Canard colvert mâle
Ornans (Doubs), au bord de la Loue
samedi 21 mars 2026



Ornans (Doubs), au bord de la Loue
samedi 21 mars 2026

Couple de Canard colvert
Ornans (Doubs), au bord de la Loue
samedi 21 mars 2026




<image recadrée>

Canard colvert mâle à sa toilette
Ornans (Doubs), au bord de la Loue
samedi 21 mars 2026



Canard colvert femelle
Ornans (Doubs), au bord de la Loue
samedi 21 mars 2026



Canard colvert mâle
Ornans (Doubs), au bord de la Loue
samedi 21 mars 2026



Canard colvert mâle
  La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs), au bord de l'étang
samedi 21 mars 2026

Couple de Foulque macroule
  La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs), au bord de l'étang
samedi 21 mars 2026



<flou-filé>



Foulque macroule
  La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs), au bord de l'étang
samedi 21 mars 2026



En plongée...
  La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs), au bord de l'étang
samedi 21 mars 2026



Toilette
  La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs), au bord de l'étang
samedi 21 mars 2026



Etirement
  La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs), au bord de l'étang
samedi 21 mars 2026



Tendresse
  La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs), au bord de l'étang
samedi 21 mars 2026



Toilette mutuelle
  La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs), au bord de l'étang
samedi 21 mars 2026




Couple de Foulque macroule
  La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs), au bord de l'étang
samedi 21 mars 2026













Toilette
  La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs), au bord de l'étang
samedi 21 mars 2026















<image recadrée>



<image recadrée>





Foulque macroule
  La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs), au bord de l'étang
dimanche 29 mars 2026














<image recadrée>




Couple de Foulque macroule
  La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs), au bord de l'étang
dimanche 29 mars 2026












Foulque macroule : à la recherche de nourriture
La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs), au bord de l'étang
dimanche 29 mars 2026










<flou-filé>






Etang
  La Rivière-Drugeon (Haut-Doubs), au bord de l'étang
dimanche 29 mars 2026


 


Suggestion de lecture :

"LA FILLE DU MAGASIN DE BISCUITS

  • On dirait qu’il commence à faire moins chaud. Il était temps. Dire qu’on n’est qu’en juin…

Satoko, qui venait de remettre de l’ordre dans l’éventaire, revint dans le magasin.

  • Mamie, tu viens juste de sortir de l’hôpital, tu ne dois pas faire tant d’efforts ! Si quelqu’un te voit et le dit à papa, je vais avoir des ennuis, moi, dit Nao en faisant la grimace.

  • Mais je vais bien, enfin ! Je ne suis plus malade, puisque je suis revenue à la maison, et je peux travailler normalement. Depuis toujours on dit, qui ne travaille pas ne mange pas. D’ailleurs, il faut que tu te dépêches d’apprendre à gagner ta vie, ma petite Nao !

  • Pff… Tu recommences, lâcha celle-ci en croquant un biscuit de riz à la mayonnaise.

Satoko se donna une tape à la hanche tout en lui décochant un regard noir.

  • Je trouve incroyable que tu aimes ces biscuits à ce point. Tu es née dedans, tu en manges depuis toujours, mais tu ne t’en lasses pas !

  • Celui-là, c’est une nouvelle sorte.

  • Nouvelle sorte ou pas, un biscuit de riz reste un biscuit de riz. Honnêtement, moi, les senbei, je ne peux plus les voir en peinture. D’ailleurs, avec mes dents, ça ne passe plus.

  • Après cinquante ans dans ce magasin, ça me semble plutôt normal.

  • Je t’ai déjà dit des dizaines de fois que cela ne fait que trente ans qu’on en vend ici. Autrefois, notre spécialité, c’étaient les gâteaux japonais. Ton père n’a consulté personne quand il a décidé de se lancer dans les biscuits de riz. Ah… que la gelée de haricot rouge me manque…

  • Mais tu en manges tout le temps, de la gelée de haricot rouge, répondit Nao en pinçant les lèvres.

Au même moment, un homme en costume gris, assez corpulent, poussa la porte en verre du magasin et salua les deux femmes en s’inclinant légèrement.

  • Bonjour, monsieur Takura. Merci d’être venu jusqu’ici malgré la chaleur, lança Satoko d’un ton aimable.

  • Ne me remerciez pas, je ne fais que mon travail. Et il fait moins chaud que plus tôt dans la journée. Heureusement, parce que c’était pénible.

  • Vous devez être épuisé ! Entrez, je vous en prie, je vais vous apporter quelque chose de frais, dit Satoko en l’invitant à passer dans l’arrière-boutique, adjacente à la pièce à vivre.

  • Non, ce n’est pas la peine. Je suis juste venu pour ça, fit l’homme en traçant du doigt un carré dans l’air.

  • Ah oui, le certificat médical. Je suis allée le chercher avec ma petite-fille. J’aurais tout à fait pu y aller seule, mais elle tenait absolument à m’accompagner, expliqua la vieille femme en se baissant pour se déchausser.

  • Reste là, mamie, je te l’apporte, dit sa petite-fille.

  • Tu sais où il est ?

  • Bien sûr ! C’est moi qui l’ai rangé. Alors que, toi, tu n’en as pas la moindre idée. En entendant Takura rire, Nao devina la réaction de sa grand-mère.

  • Nao, apporte aussi du thé !

  • Comme s’il fallait me le dire, grommela Nao, méccontente. Elle revint dans la boutique avec un verre de thé glacé sur un plateau.

  • Vous avez bonne mine ! Bien meilleure que la dernière fois que je suis venu, il y a quatre jours, déclara Takura d’un ton convaincu.

  • C’est que je suis bien mieux chez moi. Et puis je ne supporte pas de rester sans rien faire. Même si ma petite-fille n’arrête pas de me dire que je devrais me reposer plus.

  • C’est normal, elle se fait du souci pour vous. Oh merci, ajouta-t-il à l’intention de Nao en prenant le verre de thé froid.

  • Tiens, voilà ton certificat, mamie, dit Nao.

  • Merci, répondit Satoko. Elle le sortit de l’enveloppe et le parcourut des yeux avant de le tendre à Takura.

  • Permettez, dit celui-ci en le lisant. Hum… Vous avez été hospitalisée deux mois… ça a dû vous paraître long.

  • Ça ne m’aurait pas gênée si j’en étais sortie guérie, mais ce n’est même pas le cas. On m’a découvert une autre maladie, et il a fallu deux mois pour me retaper. Vraiment pas de quoi se réjouir.

  • C’était une cholangite… Mais on vous a aussi fait un examen pour un anévrisme.

  • Au départ, j’ai été hospitalisée pour ça. Je pensais être opérée. Mais ça sera pour plus tard.

  • Vous voulez dire que vous n’y couperez pas ?

  • Apparemment non. Mais en même temps, à l’âge que j’ai, je me demande si ça ne serait pas aussi bien de ne rien faire du tout et de voir ce qui se passe.

  • Oui, je vous comprends, ce n’est pas facile, répondit Takura, un peu embarrassé. Il ne pouvait pas se permettre de dire n’importe quoi.

  • Vous avez tout ce qu’il faut, maintenant ? demanda Satoko.

  • Oui, avec ça, votre dossier est complet. Je vais rentrer au bureau m’en occuper tout de suite. Vous devriez recevoir au plus tard le mois prochain la part de la complémentaire pour votre hospitalisation.

  • Vous allez retourner à votre bureau ? Mais il est déjà tard…

  • Pas du tout. Eh bien, je vais vous laisser, dit-il en rangeant le certificat dans sa serviette. Il se tourna vers Nao et lui sourit.

  • Merci pour le thé !

  • Je vous en prie, répondit la jeune fille. Satoko le raccompagna dehors et se posta devant la boutique pour le suivre des yeux.

Fumitaka, son fils, le père de Nao, rentra environ deux heures plus tard. Le col de son polo blanc était grisâtre. Il revenait de chez un grossiste.

  • Il a dû se passer quelque chose à Kodenmachō, dit-il en se déchaussant. Il y avait trop de voitures de police pour que ce soit un simple accident.

  • Tu veux dire un meurtre ? demanda sa fille.

  • Ça se peut. Il y avait vraiment beaucoup de policiers.

  • Le quartier n’est plus aussi calme qu’avant, lança Satoko qui préparait de la soupe au miso dans la cuisine. Je trouve qu’il y a trop de monde. Et trop de grands immeubles.

Au lieu de lui répondre, son fils alluma la télévision et se concentra sur un match de base-ball retransmis en direct. Nao mit la table. Elle avait l’habitude d’entendre sa grand-mère dire ça. Les Kamikawa ne dérogeaient jamais à leur habitude de dîner ensemble. En raison du retour tardif de Fumitaka, ils commencèrent plus tard que d’ordinaire. Pendant l’hospitalisation de Satoko, Nao s’était chargée de faire la cuisine, corvée dont elle avait été libérée une semaine plus tôt. La vie avait repris comme avant. Elle était encore en maternelle lorsque sa mère était morte dans un accident de voiture. Malgré son jeune âge, elle n’avait pas oublié le choc que cela avait été pour elle. Elle y avait survécu parce que son père tenait un magasin et qu’il était toujours à la maison. La présence de Satoko lui avait aussi été d’un grand secours. Grâce à eux, elle avait le sentiment d’avoir échappé à l’isolement qui est généralement le lot des enfants uniques vivant seuls avec leur père. L’amour de sa mère lui avait manqué, mais elle avait toujours bénéficié de repas préparés avec amour. Les boîtes-repas que lui confectionnait sa grand-mère pour les sorties scolaires éveillaient invariablement l’envie de ses camarades de classe. En avril, la maladie de sa grand-mère et son hospitalisation l’avaient ébranlée. Elle ne s’y attendait absolument pas, et elle était revenue en pleurs de l’hôpital. Comme sa grand-mère l’avait expliqué à l’agent d’assurances, elle était entrée à l’hôpital pour se faire opérer d’un anévrisme. Mais quelques jours avant la date de l’opération, elle avait été prise d’une fièvre inexpliquée, si forte qu’elle en était tombée dans le coma. Elle avait passé trois jours dans cet état. Nao avait à nouveau pleuré lorsque sa grand-mère avait repris conscience.

Son père et elle avaient alors appris que cet accès de fièvre était dû à une cholangite. Nao avait réalisé que sa grand-mère, sur laquelle elle comptait, et qui la gâtait, était une vieille dame malade. Voilà pourquoi, le jour où Satoko était revenue à la maison, elle avait déclaré que ce serait désormais elle qui la choierait, parce qu’elle avait l’intention de lui exprimer ainsi sa gratitude. Satoko en avait été émue aux larmes. L’harmonie entre les deux femmes n’avait malheureusement pas duré. Satoko était d’une nature emportée. Les premiers jours, elle avait réussi à fermer les yeux sur les maladresses de sa petite-fille, pour ensuite se mettre à critiquer la manière dont elle agissait. Son impatience naturelle l’empêchait en outre de dire les choses avec tact. Sa petite-fille avait hérité de son caractère, ce qui n’arrangeait rien. Comme avant son hospitalisation, la vieille dame s’entendait souvent dire que si elle n’était pas contente, elle n’avait qu’à tout faire elle-même. Fumitaka continuait cependant à se réjouir du retour de sa mère. Depuis qu’elle avait recommencé à cuisiner, il reprenait petit à petit les cinq kilos qu’il avait perdus pendant son absence.

  • Nao, tu vas à tes cours à l’école de coiffure ? demandat-il à sa fille.

  • Ça va de soi, non ? Mais aujourd’hui, je suis restée à la maison, parce que je n’avais pas cours.

  • D’accord.

  • Je n’arrive pas à te voir en coiffeuse. Tu crois que tu vas y arriver ?

  • Bien sûr que oui, répondit la jeune fille en lançant un regard mauvais à sa grand-mère.

Elle n’osa pas lui dire qu’à cause de ses problèmes de santé, elle avait manqué plusieurs jours de cours.

  • C’est important que tu deviennes indépendante et que tu commences à gagner ta vie, conclut son père.

  • Oui, parce que depuis toujours on dit…

  • Qui ne travaille pas ne mange pas, c’est ça ? Je suis au courant, dit Nao, mécontente..."


Keigo HIGASHINO - Le nouveau


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